CCASMAG N° 16
EDITO
L'identité EGF bafouée
Une cascade de nouvelles tensions au sein du Personnel de la CCAS ainsi qu'un effet de noria "Email" suite à la mise en sommeil du site CCASMAG nous obligent à reprendre du service.
Et :
Il est de notre devoir d'alerter tous les Agents EDF GDF sur les inégalités qui se creusent au sein de la CCAS.
Quand on nomme depuis des lustres des incompétents ou des douteux parce que l'allégeance tient lieu de compétence on méprise et l'on bafoue les Entreprises EGF.
Aucune traîtrise dans nos propos, nous sommes simplement fidèles à notre foi aux Industries Electrique et Gazière et notre position, critiquable par certains apparatchiks, n'est que la résultante de déceptions répétées.
La société appelle à plus de justice et nous devons faire savoir ce que l'on sait.
Que l'on assiste à un pillage collectif d'une part et que d'autre part les partialités de traitement se multiplient parmi le Personnel (et oui la CCAS aussi vit sa fracture sociale !).
Les décisions unilatérales sur telle ou telle personne sont légion. Le climat est devenu irrespirable, les pressions psychologiques se multiplient, le harcèlement moral est omniprésent.
Est-ce de notre faute si depuis des années s'est mis en place la politique du "vide" et que bon nombre de réelles compétences ont été écartées ? Devons-nous nous consoler en pensant que tout régime ayant une fin, nous devrions assister passivement à l'extinction de ce dernier vestige néo-stalinien sans en dénoncer les errements ?
A qui, si ce n'est à la CGT, doit-on faire payer, à présent, le prix de décennies de mauvais gouvernement de notre salaire social différé. Terribles absences de clairvoyance managériale, stratégies patrimoniales hasardeuses, projets pharaoniques, études et audits surpayés auprès de fournisseurs douteux entraînant des commissions occultes, masse salariale inflationniste, etc...
Avouons qu'il faut vraiment une myopie généralisée pour cautionner ce régime pipé en amont comme en aval.
La Vérité si je mens :
Pendant ce temps là nos élus continuent de se gargariser. " La fréquentation est en augmentation ". Comme si nous n'avions pas compris que la détérioration économique impose à tout un chacun l'utilisation maximum du fonds du 1 %.
Notre Président tente tant bien que mal de maintenir le cap et adresse une lettre ouverte à la Direction Générale, à l'Encadrement et à l'ensemble du Personnel CCAS.
Qu'apprenons-nous ? Qu'il n'y a pas de divergences sur le fond entre le C.A et la Direction Générale (sic). Simplement désaccord sur le rythme et les rôles de chacun (là, il se fout de notre gueule !). Et de continuer par le couplet habituel sur la gestion ouvrière et sa démocratie participative. Comme si nous ignorions encore que tout cela n'est que du pipo !
Pour être à la mode, il nous fallait un couplet sur la déconcentration (nous préférerions parler de déconcentralisation). Et de nous demander s'il fallait poursuivre cet immense "chantier" (lire b
..), commencé il y a plus de quinze ans maintenant. S'il fallait continuer à transférer le travail vers le bas, et faire remonter un peu plus encore le pouvoir vers le haut, ou tout simplement arrêter de faire semblant.
Notre Président pense qu'il faut poursuivre puisque la stratégie a fait ses preuves (sic).
Il admet cependant la lourdeur interne et le manque de transparence et met l'accent sur la nécessaire complicité de tous les acteurs ( utopie quand tu nous tiens !).
Heureusement, le Conseil est souverain et d'indiquer son combat contre les pratiques occultes, les détournements et sa volonté de prendre des sanctions ( s'agirait t-il d'auto-flagellation ?).
Pour conclure, notre Président nous incite à ne pas copier ce qui se fait ailleurs mais à faire autre chose. Il indique : " Si ce fonctionnement dont les fondations sont la confiance, la complicité, n'est pas possible aujourd'hui, il ne faut pas insister et s'obstiner. En tout sérénité, avec intelligence, chacune, chacun doit recouvrer sa liberté. " ( bon vent !). " Nous sommes un laboratoire de la gestion ouvrière ". (calfeutrez bien les fenêtres : virus inconnus !)
Nos propos peuvent là encore choquer les candides, les croyants moujiks mais certainement pas ceux qui s'empiffrent.
Entre-nous, " la gestion ouvrière ", nous la vivons au quotidien et depuis longtemps.
Par exemple, il y a vingt ans déjà, nous inaugurions le village de toiles de Capbreton. Il y avait du monde et même du beau monde. Les élus locaux, le grand staff CCAS, les entrepreneurs, architectes et édiles locaux. Dans son discours, le Président de l'époque n'a pas manqué de valoriser cette gestion des électriciens et gaziers.
Les moyens étaient là, le champagne de bonne facture issu d'un viticulteur ami, bref tout pour être heureux, sauf qu'au moment de passer au resto, tout ce beau monde s'en est allé, laissant derrière lui le militant Agent détaché, futur responsable principal (qui allait ramer toute la saison), aller " se bouffer " son parisien beurre, en compagnie il est vrai des deux charmantes hôtesses d'accueil, embauchées pour l'occasion au tarif saisonnier habituel. (Pinocchio existait déjà !).
Tout va
..bien !
Restauration Méridienne :
Les résultats annoncés en CA indiquent que le prix de revient d'un repas se situe entre 10,21 et 12,81 .
Le prix de revient moyen en restauration collective française est de 5,34 . (constatez le délire !) .
En prime, nombre de restaurants voient leurs statistiques de fréquentation péricliter.
A raison de 6 440 000 repas par an le surcoût est de 41 731 200 soit 273 339 360 F pour celles et ceux qui n'ont pas encore l'habitude de manipuler de tels chiffres. (voyez-vous poindre le ticket restaurant ?)
Comme d'hab', le CA décide une remise à plat et un groupe de travail va être constitué. L'affaire est pourtant simple et certains s'y sont déjà penché. Alors pour économiser de l'argent, nous allons dire les choses.
Comme pour les CMCAS (elles aussi semblent virer au rouge), le déficit résulte pour sa grande partie dans la mauvaise conduite de gestion. Un salarié de la restauration méridienne CCAS produit deux fois moins que ses pairs du privé. Son salaire est beaucoup plus confortable, et la CCAS protège (jusqu'à quand ?) cette corporation " tête de pont " de la gestion syndicale. Le niveau de rémunérations des délégués syndicaux mériterait également de passer une radioscopie (ce sera l'objet d'un futur débat). Ca fait mal, ça fait hurler, surtout ceux qui sont concernés, mais c'est la vérité et la démagogie syndicale pratiquée par une partie de ces personnels est tout simplement en train de se retourner contre leurs auteurs.
Nous sommes à CCASMAG pour le maintien de l'emploi au travers d'une politique salariale honnête et donc raisonnée. Nous n'en prenons malheureusement pas le chemin et il y a de fortes chances que dans un laps de temps très court, on nous rappelle que les Electriciens et Gaziers, lors de la parodie de consultaction, se sont prononcés pour l'utilisation des chèques restaurants.
Astreintes à la CCAS ?
Il y a une quinzaine d'années un groupe de travail, composé de Cadres CCAS et de Directeurs de Centres de Tourisme, était chargé de " plancher " et de remettre un rapport sur l'attitude à adopter concernant le régime des astreintes.
Ce groupe avait pour mission de faire abstraction des intérêts corporatistes et de se concentrer exclusivement sur le théorique.
On vous passe les détails pour dire simplement que très vite les Directeurs de Centres se sont aperçus de la supercherie qui consistait à faire conclure au groupe le peu de nécessité des astreintes. Le groupe de travail a implosé et la Direction de la CCAS tout de même rendu son verdict, avec l'aval des Organisations syndicales, qu'il fallait purement et simplement les supprimer.
Depuis, tous les postes de Responsables sont publier sans astreinte, et, comme il y a danger, on fonctionne au coup par coup ; avec encore plus de disparité que par le passé .
Aujourd'hui on se réveille et on effectue un virement de bord.
Dans son compte rendu du CN/CMPP du 5 mars 2003 la CGT nous fait un rappel sur la loi Fillon et nous fait un pamphlet sur ce qui devrait être. Alors là, Messieurs, rigolons rigolons, mais ne nous prenez pas pour des couillons !
Il y aurait beaucoup encore à dire, mais l'actualité s'accélère sur tous les " fronts ", et nous ne résistons pas au plaisir de vous communiquer l'état des lieux du Directeur de la CCAS après un an de fonction.
Vive le blues CCAS ! (il n'y a pas que nous qui le disons)
Nous vous joignons in extenso son constat, en indiquant toute fois que ce que dénonce le Directeur général n'est autre que ce que nous dénonçons depuis longtemps déjà.
Il y a un an nous avions écrit que cette nomination, mais aussi celle de son Adjointe, nous semblait s'être faite avec une part de proportionnalité liée à la compétence. Nous rajouterons ici que nous étions revenus au principe fondamental de Marcel PAUL, un binôme Polytechnicien/Ouvrier. Nous sommes heureux de constater qu'en plus, il y a de l'honnêteté intellectuelle chez cet homme. Pour cela, nous lui apportons tout notre soutien, même si nous sommes conscients que nous ne sommes que peu de chose et nous disons à tous les mécréants qui nous montrent du doigt, que les vrais fedayin sont ceux qui restent fidèles aux valeurs fondamentales qu'ils se sont fixés et que s'il en est encore temps, certains seraient bien inspirés à se faire oublier car l'heure des comptes a peut être sonné.
Nous informons nos amis lecteurs que CCASMAG a déposé plainte auprès du Procureur de la République pour opacité dans la gestion du salaire social différé des Electriciens et Gaziers.
Prochain rendez-vous le 13 juin 2003 (sauf si l'actualité nécessite une information rapide évidemment).
La rédaction de CCASMAG
Adresse de Jean-Claude LAROCHE, Directeur Général de la CCAS, aux Organisations Syndicales de la CCAS.
Mais que se passe-t-il à la CCAS ?
Voici quelques mois, exactement un an au 1er avril 2003, j'ai été nommé Directeur général de la CCAS, quittant sur une sollicitation de la Fédération CGT, du Président de la CCAS et de son ancien DG une activité professionnelle dans le domaine du Transport d'électricité.
La Directrice Générale Adjointe actuelle a quant-à elle été nommée le 1er octobre dernier, avec l'aval de la Fédération CGT comme du Conseil d'Administration de la CCAS.
Et voici que, depuis le 13 décembre dernier, il m'est clairement demandé par le Président de la CCAS comme par le tout premier représentant de la Fédération CGT de quitter ma fonction. De même, il est annoncé à la DGA que sa situation sera traitée après la mienne ! Le nom de mon successeur est d'ailleurs largement diffusé, fragilisant ainsi ma position de Direction dans un organisme déjà difficile à diriger pour de multiples raisons. Et pour finir, le Bureau Fédéral de la Fédération CGT vient de décider que mon départ devrait être effectif en décembre 2003, sans même que j'aie pu y exposer mon point de vue.
Que s'est-il donc passé pour qu'en un laps de temps si court les choses en soient arrivées là ?
Il n'est pas dans mes habitudes de mettre en débat des questions qui me concernent personnellement, et c'est pourquoi j'ai autant tardé à m'exprimer auprès de vous, mais aujourd'hui, les enjeux dépassent très largement le devenir de tel ou tel, et doivent à mes yeux être connus.
Un tout petit historique s'impose : je suis arrivé à la CCAS, persuadé qu'il appartenait à la Direction Générale de diriger l'organisme, c'est-à dire d'en dicter les organisations, d'en nommer les personnels, d'en assurer un fonctionnement efficace au profit des électriciens et gaziers, le tout conformément aux orientations politiques du Conseil d'Administration à dominante CGT, et dans le respect du personnel, de ses représentants, et des organismes statutaires. Les délégations de pouvoir que j'ai acceptées s'inscrivaient dans cette logique et me convenaient fort bien.
Je me suis aussi rapidement rendu compte que les personnels des organismes sociaux avaient une réelle aspiration à travailler correctement, et à être reconnus comme de vrais professionnels. Cela ne pouvait que conforter mon rôle, dès lors que je m'attelais aux problèmes de fonctionnement de l'organisme et que je tentais, de manière pragmatique mais rigoureuse, de les résoudre.
Et puis rapidement, je me suis aperçu que les différentes prérogatives correspondant à ma fonction étaient en réalité accaparées par les administrateurs CGT, et par le Président lui-même, dont les directives " fonctionnelles " sont permanentes et viennent se superposer aux options de la Direction. Soit !
Parallèlement, je me suis également aperçu que l'on demandait tout autre chose à la Direction générale de la CCAS. En effet, quelle n'a pas été ma surprise de découvrir toutes les sollicitations dont la CCAS fait l'objet pour financer directement des activités sans aucun rapport avec sa mission, ce qui m'a conduit à édicter un certain nombre de règles. Celles-ci reposent tant sur la nécessaire transparence de notre fonctionnement, notamment par l'information des représentants du personnel sur les sujets concernant la vie de l'organisme, que sur nos gestes professionnels " sensibles ", sur lesquels j'ai rappelé les principes suivants :
La traduction de l'ensemble de ces règles de " sécurité financière " a alors conduit à une campagne de déstabilisation à mon endroit, avec des arguments portant tant sur mon mode de direction, que sur mes relations avec la délégation CGT au CA, que sur ma personne.
Cela étant, le problème reste entier.
Dans le projet de Direction générale de la CCAS, ainsi que dans les réunions de Direction, j'ai eu l'occasion d'exprimer le point de vue suivant :
Aujourd'hui, si les Activités Sociales des Electriciens et gaziers ne font pas l'objet d'attaques frontales de la part des dirigeants d'EDF et de GDF comme du gouvernement, c'est tout simplement parce que d'autres chantiers leur apparaissent comme prioritaires et nécessitent une certaine docilité de la CGT : la réforme du système de retraite des IEG, l'ouverture du capital des Etablissements.
Mais mettons-nous un instant dans l'hypothèse où ces deux chantiers seraient " réglés " par les Directions comme les pouvoirs publics ! Le seul élément de singularité forte qui subsisterait par rapport au droit commun serait les activités sociales des électriciens et gaziers.
Qui peut sincèrement croire que ce système continuerait à vivre sans remise en cause ?
J'ai toujours pensé que ceux qui voudront remettre en question le " combien " on gère, et le " qui " gère les activités sociales, s'en prendront au " comment " on gère ces activités.
Comment ferons-nous pour mobiliser les électriciens et gaziers pour la défense de leurs activités sociales, si ces derniers nous regardent en se disant : " tous pourris " ?
C'est pourquoi, j'ai fixé comme orientation de Direction de la CCAS l'objectif de rendre le fonds du 1 % transparent et opposable à des tiers.
Mais visiblement cela ne passe pas, et cela a donné lieu à tous les tirs de barrage de la Direction fédérale de la CGT, qui a été jusqu'à bloquer le projet de ré-organisation de l'équipe qui m'entoure directement pour piloter la CCAS, nous plaçant ainsi dans une situation fort délicate (lettre de D. Cohen à J. Lavielle datée du 4 novembre).
" Ce n'est pas vrai, nous avons toujours été propres, Jean-Claude Laroche dit n'importe quoi et il remet honteusement en question ses prédécesseurs " diront ceux qui me mettent en cause.
Alors qu'on m'attaque en diffamation !
Et mes prédécesseurs ont fait ce qu'ils pouvaient dans un contexte dont je suis bien placé pour mesurer la pression qu'il constitue.
De plus le monde change autour de nous. La justice devient plus sévère à l'égard de ce qu'elle appelle la délinquance en col blanc ; et puis des lois sont apparues ces dernières années, notamment sur le financement des partis politiques. Nous devons donc les respecter, tout simplement.
Le Président de la CCAS écrivait, dans une lettre ouverte aux agents de l'organisme : " Le conseil d'Administration, son Président ont toujours prôné la rigueur et depuis plusieurs exercices ils s'y emploient. Les pratiques occultes, les détournements, ils les ont toujours combattus et demanderont des sanctions contre celles et ceux qui s'en rendraient coupables, comme cela s'est déjà pratiqué " ; cependant, en décembre, ce même Président confirmait par écrit à la Direction du Siège sa seule proposition d'avancement au choix au 1er janvier 2003 dans le collège Maîtrise à une femme que je n'ai jamais vue à la CCAS bien que cette dernière jouisse d'une certaine notoriété dans le monde politique !
Reconnaissons que lorsque le Président demande de la " complicité " entre les " élus " et les " salariés " des organismes sociaux, ce terme est pour le moins malheureux.
Pour conclure, après m'être débattu dans ce contexte depuis un an, je dois dire que j'ai mal.
J'ai mal d'être attaqué et sali en permanence par des personnes qui ne me connaissent pas, et qui se permettent de parler sur mon compte de manière inqualifiable. Mais cela importe finalement peu ; je suis prêt à faire mon affaire de ma défense personnelle.
J'ai surtout mal pour les activités sociales des électriciens et gaziers, qui sont un outil formidable, fruit de l'extraordinaire travail des femmes et des hommes qui les ont construites, et qui apportent des horizons nouveaux à beaucoup de nos collègues ; ces activités sont construites pour être solidaires, elles pourraient l'être bien davantage sans des entraves d'appareil aujourd'hui dépassées. Mais ce bel édifice pourrait aussi se voir bêtement et injustement compromis pour des raisons de bas étage.
J'ai mal pour la CGT, parce qu'elle est le lieu de l'espoir pour beaucoup de salariés, notamment les nouveaux syndiqués, qui aspirent au respect de la dignité de chacun, à une certaine rigueur dans l'analyse, au sérieux dans ce que nous gérons, à une certaine conformité entre nos paroles et nos actes, à un allègement des contraintes d'appareil, à une pratique démocratique et transparente. Je dois leur dire qu'ils ont raison d'y croire, mais qu'ils devront lutter, y compris dans leur CGT, pour voir leurs espoirs devenir réalité.
A l'issue de cette adresse, j'informe donc que quelles que soient les décisions du Bureau Fédéral de la CGT, ma propre décision est aujourd'hui de ne pas laisser dériver les activités sociales.
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