CCASMAG n° 2
Vous l'attendiez avec impatience et, comme la plus jolie fille, la nouvelle a su se faire attendre.
Nous tenons avant toute chose à remercier ceux ou celles qui, nombreux, nous ont contacté, soit pour nous encourager, soit pour nous informer, voire nous aider en photocopiant les pages pour les distribuer. Dans vos nombreux messages, il apparaît toutefois comme une inquiétude : "j'espère que vous avez pris vos précautions", " vous avez intérêt à assurer vos arrières", etc....
Au-delà de cette sollicitude touchante, nous mesurons à quel point cet organisme qui se présente comme un des fers de lance de l'humanisme n'a réussi dans les faits qu'à semer inquiétude et peur. Sans doute est-ce là la résultante de la politique de "non gestion" de son personnel, qui inquiète et recroqueville celles et ceux d'entre nous parmi les plus fragiles.
Rassurez-vous , on est costauds et puis, en cas de pépins, vous serez les premiers informés.
Parmi nos lecteurs, un camarade nous fait part des réactions de sa Direction qui trouve nos propos démagos. C'est vrai que pour une fois, le bilan n'est pas globalement positif. De son syndicat qui trouve que ce n'est pas normal. Ce qui est normal, c'est que le syndicat défende la Direction ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est que ça fait un sujet de discussion pendant l'été, voire plus pour les élections si affinités. Et puis, on ne va tout de même pas nous demander de nous exprimer selon la méthode du mime Marceau
" Il faut fermer sa gu.......!".
VOUS AVEZ LA PAROLE
Ben oui, les premières rencontres n'ayant pas été "suffisantes", pour être crédibles, on a sorti une petite brochure et invité nos vacanciers, pardon, bénéficiaires, à s'exprimer. Comme nous, enfin presque. Alors pour être sûr que ce que vous allez leur dire et ce que vous nous dites, corresponde, on vous donne la parole.
Et pour commencer, cette réflexion d'un de nos lecteurs qui demande où va l'argent récupéré dans la vente de notre patrimoine, lequel avait été estimé il y a quelques années à 5 milliards de francs. Qui s'interroge sur la manière de peser sur des décisions prises par un comité Européanisé ? Un autre s'inquiète sur ce rabachage concernant la mobilité : "comment prendre en compte la famille, la culture régionale".
Nous, nous posons la question du professionnalisme quand on subit chaque jour des décisions prises par des gens dont on ne sait d'où ils arrivent, ni par quel chemin, qui sont partout, et surtout nulle part, et qui ont surtout cette chance d'être déjà parti avant d'avoir à rendre des comptes.
LES TEMPS CHANGENT
Alors qu'il y a peu encore, nous avions la lourde tâche d'expliquer aux nombreux candidats qui se présentaient que la CCAS ne pouvait à elle seule résorber le chômage, aujourd'hui, on manque de personnel. Est-ce à dire qu'il n'y a plus de chômeurs, ou y-a-t-il de moins en moins de gens intéressés par nos conditions de travail et de rémunération ? La CCAS, consciente des dangers, a pris le problème à bras le corps. Et, d'éditer une petite brochure en papier glacé, pleine de considération, pour y fixer les droits et les devoirs de chacun.
Nous y avons lu : "la CCAS et tous ceux qui la composent, sont porteurs de principes fondateurs : solidarité, respect des autres et de soi-même, refus des inégalités et de toute forme d'exclusion". Rigolons rigolons......
LE SAVIEZ VOUS ?
- Dans notre premier N°, nous vous avons parlé de népotisme. Et bien depuis, la direction de la CCAS a pris des mesures. A un collègue à qui l' on demandait de trouver du personnel et qui n'en trouvait pas, on a signifié que dans tous les cas, pour son fils, c'était niet. Faut dire qu'il est un peu con le copain, il n' est même pas élu et en plus, c'était pour un poste saisonnier. Ces conventionnés, ils se croient tout permis !
- Si la Direction d'EDF-GDF avait soudain l'idée d'employer des retraités, pardon, des inactifs, vous imaginez la réaction des syndicats. Hé bien à la CCAS, ça se fait.
D'abord c'était pour donner un coup de main et personne n'y trouvait à redire. Et puis, progressivement, ils ont pris la place des actifs et à l'organisme de déclarer qu'il y étaient obligés, vu que le méchant empêchait les détachements.
C'est vrai que si on avait listé tous ceux qui sont venus et repartis non pas pour se ressourcer, mais bel et bien dégoûtés, il y aurait de quoi remplir un numéro du CCAS INFO.
Notre ancien Président Pierre Rumeau, avait été lui plus courageux; et d'indiquer, lors d'un rassemblement au Cap d'Agde, il y a quelques années, qu'il s'agissait de socialiser les inactifs. Nous, on pense aux actifs qui, pour le coup, se sont trouvés désocialisés conscients qu'ils étaient de coûter bien plus chers à l'organisme que leurs collègues retraités.
- Lorsque vous remplissez votre fiche d'appréciation, le Conseil d'Administration peut être amené à demander des comptes. On demande alors au "responsable" d'expliquer, ou de s'expliquer. Mais dans tous les cas, c'est la hiérarchie qui répond et le responsable n'en reçoit pas copie. Vous avez dit liberté d'expression ?
- Absentéïsme. Il n'y a pas de statistiques fiables sur la question; et pour cause ! L'absentéïsme à la CCAS dépasse l'entendement, comme s'il y avait des informations qu'il vaut mieux ignorer. Nous ne comptabilisons évidemment pas ceux qui sont payés à ne rien faire ou pire, à faire semblant. N'empêche, la Cour des Comptes nous a déjà épinglés sur le sujet par le passé et la réponse de la CCAS tient toujours : "c'est dû à notre particularisme". Pour une fois, on est bien d'accord. N'empêche que l'on observe ces derniers temps une recrudescence des dépressions quand on n'assiste pas carrément à une grève de la faim ( affaire Michel Rio DRO Bretagne). Vous avez dit humanisme ?
- La CCAS a pris l'habitude de calquer sa politique de gestion sur celle de la maison mère. Il a donc été décidé de déconcentrer (nous nous dirons déconcentraliser), et d'en profiter pour diminuer certains postes budgétaires. On s'est donc attaqué aux astreintes et aux logements de fonction. Faut dire que c'était devenu n'importe quoi ! La plupart étaient logés, et ne percevaient pas d'indemnité (ou alors des sommes dérisoires), d'autres payaient loyer, mais touchaient l'indemnité. On en a même trouvé qui ne touchaient ni l'un, ni l'autre. Depuis, cela va beaucoup mieux. On a publié les postes sans astreinte, et de gérer au coup par coup, on a fini par rationnaliser. C'est tellement vrai, qu'on en connait qui perçoivent l'indemnité et ne paient pas de loyer. Rigolons rigolons.........on est géré par des champions !
- A la CCAS, on peut faire carrière, même après une mise en inactivité. Un collègue, en congé pré-retraite, a ainsi été nommé à DEASPS (Montreuil), et ce avec deux GF et sans jamais y avoir mis les pieds. La CCAS, c'est le pied ! et en plus, c'est EDF qui paie !
Rigolons, Rigolons
Il y en a qui croient que ça nous amuse ! En vérité l'humour reste le seul moyen d'intégrer la gravité de la situation. Et si de temps en temps, nous nous laissons aller, ce n'est que pour mieux masquer la tristesse qui nous envahit, chaque fois que nous refléchissons à ce qu'est devenue cette entreprise qui fut autre fois notre grande fierté. Alors, rigolons rigolons.......
LES EMBAUCHES :
Voilà un sujet qui vous préoccupe. Beaucoup parmi vous se demandent quel est le rôle de la CAR et particulièrement de quelles compétences se revendiquent les présidents, chargés de valider les embauches du personnel saisonnier, quand ce n'est pas des permanents. En dehors de l'aspect politique, on peut se demander en effet, pourquoi cette validation ne relève pas de l'autorité du Directeur Régional, mieux encore du Directeur de Secteur.
Alors on a cherché et la réponse nous est peut-être venue de PACA. Dans un tract daté du 11 septembre 2000, on peut lire : "A tous les adhérents CGT Conventionnés, Saisonniers, suite à la commission syndicale régionale qui s'est tenue le jeudi 07 septembre...il a été débattu des possibilités de candidature sur les différents postes.
Les critères de la CGT sont : l'adhésion à la CGT, et l'ancienneté à la CCAS...Ces deux critères ont été présentés à la direction de la DRO".
Nous rappelons pour mémoire que la retenue du critère d'appartenance syndicale ou politique est illégale d'une part et qu'en matière de démocratie, là encore, les "conseillers" ne sont pas les payeurs.
Pour avoir refusé de s'y conformer, notre vice président François Vicherat, en a fait directement les frais; les agents des IEG aussi puisque la mise au placard de notre ami leur coûte, tout de même, 18000 F / mois. Le résultat du tribunal n'est pas encore connu, mais nous sommes confiants quand à la capacité de la justice à faire appliquer le droit; comme l'ont démontré les procès (de plus en plus nombreux) au Tribunal des prud'hommes.
LES CHIFFRES DU MOIS :
Dans cette série des chiffres du mois, vous allez découvrir le prix moyen de vos journées et de vos séjours de vacances de la saison 96/97.
Cette année-là, vous étiez 290 863 ouvrants droits à pouvoir demander un séjour rouge à la CCAS. Seulement 52 382 d'entre vous y furent accueillis. Soit moins d'une famille sur cinq ! Le fond du 1 %, votre salaire dit "social différé", était de 2 368 524 kF soit 8,143 kF par ouvrant droit.
Ces 8143 F, non distribués, ont été répartis comme suit : 71 % pour les activités centralisées de la CCAS, et 29 % pour les activités décentralisées de votre CMCAS. Le budget global de la CCAS (rentrées d'argent comprises), était de 2 772 035 kF.
Les dépenses directes (principalement les frais de personnel, de restauration, d'activités et immobiliers) pour les vacances adultes et familles s'élevaient à 758 386 kF soit 40 % des dépenses directes totales. La CCAS avait 2 gros postes de dépenses non affectées que sont : les dépenses diverses et les frais de sièges qui s'élevaient à 911 362 kF. Si l'on prend en considération les 40 % de dépenses directes (frais de personnel, de restauration...), cela fait 364 544 kF. Ce qui fixe le coût total des vacances adultes familles à :
758 386 kF + 364 544 kF = 1 122 930 kF.
Si l'on divise cette somme par les 52 382 séjours familles effectués, on constate que le coût moyen d'un séjour s'élève à environ 21,43 kF. Vous avez bien lu 21 430 F.
Si l'on divise cette même somme par le nombre de nuitées effectuées ( à l'exception des campeurs libres) soit: 2 839 152 nuitées, cela revient à 395 F / 24 H et/ personne ( tous types d'hébergements confondus ( villages de toiles, MF, gîtes).
395 F par jour, ça vaut peut être le coût d'aller à l'hôtel ! Dans tous les cas, on comprend pourquoi notre Directeur Général, se pose la question des chèques vacances !
Y a pas de secret avec les chiffres, tout dépend dans quel sens on les regarde.
APPELS à TEMOINS :
Nous l'avons annoncé, dès le premier numéro, nous avons la volonté de demander des comptes. Notre association travaille sans relâche à emmagasiner toutes les informations susceptibles d'alimenter ses dossiers. Il n'est évidemmment pas question de porter quelque accusation que l'on ne saurait démontrer, comme il ne saurait être question d'engager des poursuites de façon dispersée. Nous avons notre temps et lorsque nous estimerons être suffisamment prêts, nous le ferons.
Ces appels à témoins s'adressent évidemment aux personnes qui sont au coeur des événements et ne sauraient être compris de tous (du moins dans un premier temps). Alors prenez patience cela peut prendre du temps, ou aller très vite. Cela ne dépend que de vous !
- Les appels d'offres
- La ville du bois 1996
- Réfection d'un appartement à hauteur de 1 million de francs
- Les Bungalows de la Grière
- La Napoule
- Les affaires de moeurs
- Les institutions vendues ou mises en vente
- Affaire "Guy Mary"
- Les Personnels sans travail (établissement d'une liste)
- Le harcèlement moral
Voilà pour commencer. Reste que tout est ouvert et qu'il vous appartient de décider des sujets que vous voulez aborder. Nous vous tiendrons informés... Prochain numéro le 18 août 2001 ! .................
le comité de rédaction