CCASMAG N° 30

« C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la vérité »

(Karl Marx, Thèses sur Feuerbach)



Cette citation conforte notre position vis-à-vis de la CCAS. Dans son discours la CCAS se discrédite un peu plus à chaque « bulletin d'infos » et au quotidien rien ne bouge si ce n'est le vent annonciateur d'un cyclone imminent.
Ainsi dans Edito de septembre 2005, notre charmante Présidente nous interpelle au sujet du pré rapport émanant de la Cour des comptes ; ce fameux rapport « truffé de fabulations » dont tout le monde parle. Des accusations graves avancées notamment par Le Figaro qui obligent de sa part une mise au clair !
La Cour outrepasserait ses droits. Elle n'observerait pas la neutralité politique qui devrait être la sienne. Elle remettrait en cause les Activités sociales, son financement, son fonctionnement et ne prendrait pas en compte la modernisation de sa gestion (on vous avait dit qu'elle était archaïque) issue de la consult'action en terme de : politique d'encadrement des achats, démarche du schéma directeur pluriannuel pour l'adaptation des réseaux de vacances et de politique des ressources humaines…
En clair, on a déjà commencé à prendre en compte les observations de l'ancien Directeur Général de la CCAS, celui qui a été viré sans autre forme de procès que celui de l'accusation de remise en cause des prérogatives du Conseil d'Administration. De qui voudrait-on se moquer ?
A ce stade, il est bon de se rappeler que la Cour des Comptes n'est pas un organisme décisionnel et que son rôle se limite à celui de la recommandation. Que souligner que les marchés qui ne sont pas attribués aux moins disants n'est pas forcément une remise en cause des textes ; qui il est vrai à la CCAS n'imposent pas l'obligation d'appels d'offres, mais l'on peut cependant s'interroger sur la prise de décision des choix effectués. Pour le reste, le juge appréciera.
Il y a donc là un argumentaire qui nous semble relever du premier degré.
L'avantage lorsqu'on s'attache à la forme, c'est que cela évite d'intervenir sur le fond. Il est vrai que sur le fond, ça risque d'être plus compliqué. Le délai d'un mois supplémentaire accordé à la CCAS pour élaborer sa défense sera à notre avis encore trop court pour être crédible malgré le renfort d'experts externes payés à grands frais.
Dans un communiqué « secret défense », la CFDT se positionne et réaffirme avec force, que la meilleure défense des acquis du personnel, gérés par ses élus, réside dans la qualité, le sérieux et la transparence de sa gestion.
Elle souligne également avoir adressé, depuis des années, de très nombreuses observations pour améliorer la gestion dans le but d'un nombre accru de bénéficiaires aux activités et d'une protection sociale renforcée. Elle conclue en indiquant qu'elle agira contre tous ceux qui voudraient remettre en cause la vocation sociale et solidaire de nos acquis sociaux. (on s'en fout, c'est pas nous !)
Pour les autres organisations syndicales, il s'agit de ne pas se laisser manipuler par la CGT, laquelle règne sans partage depuis un demi siècle et de lui laisser assumer ses responsabilités. Chez Force Ouvrière, la lecture des relevés de constatations provisoires les laisse pantois !
La CFE/CGC en appelle au remplacement du Commissaire aux comptes qui selon elle, n'a pas rempli correctement sa mission, eu égard aux nombreux dysfonctionnements constatés.
Dans sa stratégie de remise en cause du fonctionnement de la Cour des comptes et de l'implication des organisations minoritaires, la CGT décide encore à la majorité ; ce qui veut dire qu'elle se retrouve seule. Les autres lui refilent la « patate chaude » sans pour autant se désolidariser. Pour le moment, il y a urgence à ne point trop en faire et d'attendre pour savoir, de quel côté le vent soufflera.


RAPPEL HISTORIQUE :

L'ouverture du marché de l'Electricité a été décidée à Barcelone et a fait l'objet d'une loi proposée et votée par les Socialistes avec la bénédiction des Communistes.
Certains aimeraient oublier les conneries passées pour mieux dénoncer les présentes. Malheureusement, ils s'en trouvent toujours pour nous les rappeler.

Echanges de séjours un accord :

Entre la CCAS et l'un des syndicats des services publics anglais. « Constatant que l'introduction de la réglementation Européenne relative à la libération du marché de l'électricité et du gaz conduit les activités sociales à des récessions …. » (CCASinfos n° 260)
Qu'est ce qu'on disait !!!


LE SAVIEZ VOUS ?

Ouest France, jeudi 29 septembre 2005 :

Le Député Hervé NOVELLI a trouvé porte close à la Caisse centrale d'activités sociales d'EDF GDF.
Membre (UMP) de la commission des finances, il voulait procéder à un « contrôle sur pièces ». Le CE d'EDF est dans le collimateur de la Cour des comptes. La CGT dénonce « un acharnement politique ».
On ne voit vraiment pas pourquoi, puisqu'il n'y a rien ?

Trégastel s'embellit :

En inaugurant fin juillet le village rénové, Jean Pierre Guyon, administrateur CCAS a fait part de sa satisfaction de voir améliorer ce village qui vise à ce que les électriciens et gaziers bénéficient de vacances de qualité, avec du sens et du contenu… « ce qui, il est vrai, ne cadre pas vraiment avec les exigences essentiellement financières du libéralisme ».
Ce genre de phrase toute faite ne veut strictement rien dire mais à n'en pas douter, cela fera plaisir à la Présidente.

Ça rassure…

C'est en ces termes que nous est présenté la filiale EDF Assurances « vivreEDF septembre 2005 ».
On y apprend qu'il s'agit là du bras armé de la division assurances et qu'elle bénéficie du statut de courtier. Et nous qui croyions qu'il n'y avait que Faugère !
Bref au final, il nous est dit que la centralisation des contrats achetés par le groupe pour ses filiales étrangères a généré des économies pouvant atteindre 30 %.
C'est comme chez nous à la différence qu'à la CCAS, la centralisation des contrats peut atteindre 30 % de plus. C'est le prix à payer pour notre indépendance vis-à-vis d'EDF et puis nous, nous sommes solidaires. De qui, de quoi, peu importe, mais on est solidaires et pas question d'entrer dans l'ère de la concurrence et de la capitalisation boursière.
Si parmi nos lecteurs, il y en a qui bénéficient de cette solidarité qui nous coûte tant, qu'ils témoignent. On ne sait jamais, on ne voudrait pas mourir idiot !

Solidarité, encore et toujours :

Et là, il ne s'agit pas de l'Afrique ; encore moins de l'Asie mais bel et bien du pays le plus puissant et le plus riche du monde.
Le cyclone Katrina a dévasté trois états du sud des Etats-Unis. Comme en la matière la justice n'existe pas, ce sont encore les populations les plus faibles et les plus démunies qui ont le plus trinqué.
Le Gouvernement américain, qui gère au passage le pays le plus pollueur de la planète, n'assume pas ses responsabilités et alors la CCAS tel le chevalier blanc, en quête de crédibilité, a décidé d'intervenir et de demander aux électriciens et gaziers de se mobiliser. Elle s'est également engagée à abonder chaque somme versée.
Cet humanisme qui fait feu de tout bois nous laisse perplexe. De l'invitation de quelques Israéliens et Palestiniens en vacances à l'aide aux victimes de l'agent orange, cette volonté de « peser » sur le monde comme ce petit ruisseau d'eau douce qui voulait dessaler la mer nous émeut ! Mais entre nous nous préférerions qu'avant de s'occuper de tous les bobos du monde la CCAS se recentre sur ses copropriétaires et sur son métier. Ce mot solidarité, employé à toutes les sauces par des voix souvent sujettes à caution dénature l'action dans sa simplicité au point d'en instaurer le doute?
L'humanisme est en chacun de nous et les Agents des deux industries ont par le passé, toujours fait preuve de générosité. Il ne suffit pas de se présenter en Mère Teresa pour espérer être canonisé. « C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve sa vérité » et en la matière il reste à la CCAS beaucoup à prouver.


LE COURRIER DES LECTEURS :

Quoi qu'en disent certains vous êtes de plus en plus nombreux à vous intéresser à notre modeste écriture. Et cela va bien au delà des Electriciens et Gaziers. Ainsi, à l'Union Locale CGT de Bayonne des copains (le mot camarade est paraît-il définitivement à éviter) réagissent et des différends voient le jour. Dans une revue intitulée : « ça va chier dans la colle » nous découvrons avec étonnement la virulence des propos tenus. Dans son titre d'abord : « Journal Insolent qui emmerde les Apparatchiks !!! »
Dans son analyse ensuite : « le pouvoir corrompt….forcément » (Machiavel)
Il faut dire que là bas, il y a des problèmes : le Comité d'Entreprise de la SNCF, géré lui aussi par la CGT, aurait maille à partir avec ses salariés et là encore, l'affaire se serait réglée au Tribunal des Prud'hommes.
Les contrats de travail, le respect des 35 heures, tous ces textes défendus par le syndicat, tellement difficiles à appliquer quand il est lui-même en responsabilité de gestion. Ce décalage permanent entre les actes et les discours qui engendre la révolte chez les plus intègres, cette incapacité à laver le linge très sale en famille et l'exclusion du syndicat de tous ceux qui ont le malheur de ne pas faire allégeance.
De ces lamentables histoires resteront les petites phrases qui, malgré le côté dramatique, ont le mérite de nous faire rire.
« Ces mecs là, ils veulent te vendre du progrès social et de la justice, et ils n'ont même pas un échantillon sur eux ».
« La bêtise est abominable quand on la subit….Mais quand on l'observe, elle a son charme…et on peut la savourer ».
Pas de doute, la CGT reste le syndicat qui bouge. A son corps défendant sûrement mais ça bouge et c'est peut être ça l'essentiel.

En attendant l'hiver se profile à grands pas et ça risque drôlement de se rafraîchir.
Alors, sortez couverts !


DERNIERE MINUTE :

Vous avez le droit de savoir !

Enfin, nous direz vous. C'est donc avec une certaine excitation que nous avons pris connaissance de la lettre envoyée à tous les agents par les Présidents respectifs de la CCAS, du Comité de Coordination des CMCAS et de L'IFOREP.
Tout commence par un aveu : « nous ne gérons pas » Evidemment nous le savions mais c'est quand même la première fois qu'on officialise la chose. Pour la CCAS, il s'agit là d'une banalité et de s'étonner de l'empressement des médias à publier des documents confidentiels ?
A notre connaissance, aucun document n'a été publié et Le Figaro s'est contenté des informations qui avaient déjà été révélées. Pour le reste, ça s'appelle un scoop et c'est tout simplement leur boulot.
Côté arguments, c'est à cause du par les agents, pour les agents. C'est de moins en moins vrai et chacun a pu constater que les SCI (de plus en plus nombreuses) étaient gérées par Touristra ou par des organismes du même type.
C'est parce que nous achetons des produits régionaux et utilisons des entreprises locales ?
Pour ce qui est des produits, c'est vrai pour le pain et parfois le vin. Pour le reste, règne la centralisation et la mise en place de QUALITRACE en est la démonstration. Quand aux entreprises, vous pouvez appeler le plombier en cas de fuite, mais pour ce qui est des grands travaux, c'est Montreuil qui gère et là, pas question d'y mettre le nez.
La CCAS reconnaît la nécessaire modernisation mais à partir de la consult'action. Au passage, elle oublie que les agents se sont prononcés pour l'attribution du chèque vacances. Elle argument en nous ressassent le panel de sa production. Avec 420 millions d'euros de budget annuel, heureusement qu'il y a production !
Tout de même, 170 000 contrats d'assurances ce qui représente 526 000 options souscrites. Une économie maîtrisée qui permet d'utiliser les excédents des contrats dans l'intérêt des adhérents. Voyez bien qu'on est cons ; et tous ces agents qui vont voir ailleurs parce que c'est moins cher alors que c'est si bien et que l'on ne nous veut que du bonheur !
On nous rappelle qu'un bénéficiaire paie au maximum 30 % du coût du séjour. Ils ont dû oublier d'y ajouter la part du 1 % sinon, c'est plus cher qu'ailleurs. Et puis, parce qu'il faut bien répondre aux accusations directement portées, la CCAS revendique le soutien matériel aux intermittents du spectacle. Parce que les liens sont forts. Tant pis pour les salariés de Moulinex, de la SNCM et des autres, ces ouvriers avec qui nous n'avons pas de liens.
Il n'y a jamais eu d'actes cachés. La preuve c'est qu'on nous en a parlé tout de suite après que la presse s'en soit emparée et de conclure en prenant exemple sur l'ancien PDG de Carrefour et de constater, qu'à la CCAS, c'est moins pire.
Comme dans tout festival, il y a le bouquet final. L'affaire du siècle : la CCAS financerait la Fête de l'Humanité alors que seul l'IFOREP participe depuis 1997 à la captation d'images des spectacles pour se constituer un fonds pour sa médiathèque.
Au nom de tous les lecteurs de CCASMAG, nous tenons à nous excuser auprès des membres de la Cour des comptes pour ce que nous considérons comme un attentat à l'intelligence et nous invitons vivement nos élus à faire preuve d'un peu plus d'imagination ; faute de quoi...
Nous persistons dans l'affirmation que personne ne désire remettre en cause l'organisme mais bien sa gestion et certains de ses gestionnaires. Le gouvernement n'a pas besoin des scandales qui tournent autour de nos activités sociales pour dénationaliser EDF. Il l'a suffisamment prouvé avec France Télécom...

Nous sommes nous aussi opposés à la dénationalisation mais, encore une fois, ça n'a rien à voir. Bientôt, vous serez appelés à vous mobiliser. Officiellement pour défendre les activités sociales et la gestion ouvrières. En réalité pour éviter à certains de rendre des comptes à la justice et pour éviter la mise en place de contrôles stricts comme il se doit dans toute entreprise gérant de l'argent public.

Alors, pensez y !





Le comité de rédaction


PS - pour info, Le Figaro du 12 septembre 2005 - fac simile
(NB - lien sur des fichiers graphiques, connexion haut débit préférable !)



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