CCASMAG N° 31
EDITO
Et oui, nous sommes déjà sur notre 31. Il n'y a pas de quoi se réjouir. Nous nous demandons toujours comment nos élus peuvent-ils encore croire que rien ne va changer et que tout sera comme avant ? Il eut été si simple de sentir venir le vent, de garantir le changement et d'éteindre ce petit feu qui n'avait rien d'un incendie et que personne ne souhaitait attiser.
Certains régimes n'ont pas su évoluer, faute à l'incapacité de leurs dirigeants. Ils en ont fait les frais.
PENDANT CE TEMPS
Tout le monde est sur le pont. Il s'agit de démontrer le caractère politique des attaques portées contre la CCAS, de trouver une élection, une échéance quelconque et de relier le tout à l'ouverture du capital d'EDF pour se dédouaner et considérer que la gestion syndicale est exemplaire, que les repas restaurant ne sont pas plus chers qu'ailleurs et que les remboursements sécu sont de bonne qualité. De toute façon, si quelque chose ne va pas, c'est la faute au Gouvernement, au libéralisme, à la maison Mère, à l'acharnement des médias et à la Cour des Comptes. C'est à cette dernière que la Présidente de la CCAS a dû remettre sa copie, accompagnée, comme il se doit, de celles des Présidents des autres instances interrogées (Iforep, Comité de Coordination des CMCAS).
Un peu de pression, ça ne fait pas de mal !
Sur ce coup la CGT est isolée. Certainement un juste retour des choses ?
LE TORCHON BRULE !
A force d'insister, ça a fini par arriver. Dans un tract en date du 24 octobre, la Fédération Force Ouvrière se fâche. Elle réaffirme son attachement au professionnalisme, au pluralisme et à la transparence, en nous rappelant à juste titre qu'il est plus facile de « dire » que « faire », mais pour la Direction CCAS seul le « dire » suffit à son bonheur. Le hiatus à cette communication d'entreprise bien huilée, c'est que les Fédérations syndicales minoritaires se sont désolidarisées du pouvoir convenu en prenant du recul sur le dossier « Cour des comptes ».
Et là, toujours selon FO, cela se traduit par un sectarisme exacerbé à l'endroit des dossiers d'Agents Force Ouvrière qui s'éternisent, qui font l'objet de tous les blocages possibles, avec des interdits de présence et même jusqu'à des interpellations déplacées dans les couloirs de la Direction Générale.
Et bien mon cousin, voilà qui n'est pas beau et surtout pas très intelligent ; peut-être même un soupçon de harcèlement moral, mais ça
!
Invoquant l'intolérance, FO ne souhaite plus, désormais, siéger dans les organismes paritaires de la CCAS.
Ils nous rassurent par ailleurs en nous disant que cela ne change en rien. En effet lorsqu'ils siégent, les idées ou remarques qu'ils apportent sont reprises par la CGT quand elles sont intéressantes et conformes à leurs idées, et écartées lorsqu'elles ne conviennent pas ou n'abondent pas leur choix.
Le seul problème pour nous, c'est que si les idées sont maigres lorsque les bataillons sont au complet que restera-t-il à présent ? (Rappelons alors ces proverbes chinois : « lorsque les gros maigrissent les maigres meurent » ou « quand l'eau monte les poissons mangent les fourmis et quand l'eau baisse les fourmis mangent les poissons »).
Du rififi à la CMCAS d'AVIGNON
Dans un tract en date du 7 octobre, la Fnem FO (qui n'a vraiment pas de chance en ce moment) s'émeut de l'ordre du jour du Conseil d'administration de la CMCAS du 30 septembre avec un point particulier concernant la réintégration à EDF du chef de service de la CMCAS d'AVIGNON.
Celui-ci n'en ayant jamais fait la demande, ce point de l'ordre du jour était présenté sur demande de la CMCAS et de la délégation CGT (c'est pareil).
Les motifs énoncés, sans aucun document justificatif, pour ce « licenciement programmé » :
C'est comme ça ; dans nos organismes sociaux, quand un mec est en disgrâce il est jugé nul ou comme tel et on essaie par tous les moyens de le « rebalancer » à la « corbeille EDF. »
Seulement voilà, FO conteste, rappelle que l'Agent en question a bénéficié d'une promotion en GF 12 fin 2003 (ça c'est ballot) et qu'il devait donc l'avoir mérité après plusieurs années de bons et loyaux services. De plus, il n'a jamais reçu de lettre de remarque ou de rappel concernant son travail et jamais un problème concernant son aptitude et ses capacités managériales (ça on connaît).
FO a demandé le report de ce point de l'ordre du jour en attendant la communication d'éléments probants. Après une suspension de séance, la CGT a refusé la présentation de documents et le report du vote (faut pas déconner, on reste en démocratie choisie « Par » et « Pour » la CGT !).
Du coup, le torchon brûle à nouveau.
Changement de mobilier à la CMCAS :
Alors FO a mis les pieds dans le plat. Dans un tract en date du 13 octobre 2005, FO balance un autre point de l'ordre du jour du 30 septembre à savoir: le remplacement du mobilier de la salle du Conseil et de l'Accueil de la CMCAS.
En juin 2005, le Président de la CMCAS annonce le remplacement de ce mobilier pour la « modique somme » de 19 992 .
Devant l'énormité de ce montant et le bon état du mobilier actuel qui, selon FO, n'a pas besoin d'être renouvelé en urgence, la Délégation FO demande que ce point ne soit pas traité comme une simple information et réclame la présentation de l'appel d'offre et des différents devis.
Ce qui fut fait le 30 septembre dernier. Trois devis furent présentés respectivement de 14 495 , 16 879 et 19 992 . Et qui c'est qui a gagné ?
Le devis retenu étant le plus cher, FO se demande alors pourquoi payer plus alors qu'il s'agit de l'argent des Agents !
Pour couronner le tout, les délégations CFE/CGC et FO avaient, elles aussi, une proposition tarifaire pour exactement les mêmes éléments mais d'une marque moins prestigieuse et ce, pour un montant d'environ 5 000 soit 15000 de moins que le devis retenu.
Comme ça faisait désordre, la délégation CGT a accepté le report de ce point au prochain Conseil d'administration.
La Fédération Force Ouvrière indignée rappelle que l'on ferait mieux de s'attacher à la qualité des remboursements de santé plutôt que de dilapider l'argent des Bénéficiaires dans le remplacement d'un mobilier qui n'en a pas besoin et pour créditer ses propos, invite ceux qui le désirent à vérifier sur place la véracité de leur affirmation.
Alors, tous à la CMCAS d'Avignon, on y danse tous en rond et pas que sur le pont !
Il y a ceux qui resteront sceptiques, ceux qui n'ont aucun odorat, incapables de sentir, même lorsqu'on leur met le nez dedans. Il y a ceux qui seront choqués, ceux qui feront l'effort d'aller vérifier, les blasés qui n'en ont rien à foutre et considèrent les autres comme tous pourris, ceux qui profitent du système et défendront coûte que coûte et puis il y a ceux comme nous qui savent que tout est comme ça, qui essaient depuis longtemps de faire réagir, conscients que la toiture va nous tomber sur la gueule.
Défendre les activités sociales ce n'est pas seulement s'en prendre au Gouvernement (bien qu'il faille le faire), ce n'est pas seulement cracher sur les copains qui dénoncent, sur les autres syndiqués parce qu'ils sont minoritaires ou sur les non syndiqués parce qu'ils pensent différemment. Défendre les activités sociales c'est militer pour une gestion rigoureuse. C'est vérifier la cohérence des informations et c'est cartonner son voisin, même s'il l'on croyait que c'était un homme bien, lorsque l'on s'aperçoit que la société de l'argent roi a fini par avoir raison de ses opinions, lorsque l'on s'aperçoit que son comportement n'est plus en phase avec son discours et qu'est venu le temps pour lui de passer la main.
VOUS AVEZ LE DROIT DE SAVOIR !
Dans un communiqué de quatre pages, la Fédération CFDT développe son point de vue.
Que cela vienne de la presse ou des responsables mis en cause ne la surprend pas. Pour les premiers, un bon scoop fait monter les ventes, pour les seconds, leur « statut de martyrs » doit les placer au dessus de tout soupçon et leur permettre de dénoncer une opération de soit disant « basse politique ».
Pour cette fédération, rien de nouveau à vrai dire. Le pré rapport ne fait que confirmer ce qu'écrivait en trois pages l'ex Directeur Général de la CCAS avant d'être limogé.
Nous rappelons pour être très clair que l'ancien Directeur Général est, ou en tous cas était (nous n'avons pas d'infos à ce sujet) : CGT.
La CFDT en profite au passage pour souligner que ce pré rapport comporte 1 010 pages et non 814 comme dévoilé par la CCAS et qu'ont été oubliées : une page du dossier relatif aux activités culturelles, 108 pages sur le régime complémentaire maladie, 15 sur les achats du comité de coordination, 72 sur l'Iforep.
Vous avez dit bizarre..........
Ce syndicat, comme la Cour des comptes, constate que les financements sont trop souvent orientés vers les seules structures des organismes, au détriment du personnel. Que ces charges de structures et de gestion passent avant le service aux bénéficiaires.
La CFDT considère par ailleurs que dans ce rapport, pris dans sa globalité, la CdC n'outrepasse pas ses attributions et que si de nouveau nos détracteurs se saisissent de ce dossier c'est parce que nos organismes sociaux n'ont pas exercé leurs missions dans la rigueur et la transparence et que les gestionnaires n'ont pas souhaité ou su redresser les dysfonctionnements en interne.
Au passage, la CFDT réclame la mise en place d'une réelle comptabilité analytique (ça fait des années que tous les acteurs de la transparence le demandent). Elle indique que l'argent de la CCAS n'appartient pas à la Présidence, pas plus qu'à la CGT et que quelque soit l'engagement politique ou syndical des uns et des autres, ils n'ont aucun droit de financer des actions de type « soutien matériel du mouvement des intermittents du spectacle » sans en référer préalablement au CA ou au Bureau.
La CFDT ne refuse pas les actions de solidarité mais considère qu'il y a des limites.
Il est vrai que les temps sont difficiles et les choix sont multiples, des victimes du Pakistan aux ouvriers « victimisés » par les violences urbaines et plus globalement toute la misère et les dangers de la planète toute entière.
La CFDT y dénonce également le financement du CD de Sergent Garcia encarté dans l'Huma Hebdo à 70 000 exemplaires, elle réclame tous les devis et factures des prestations de restauration pour le congrès UFICT de Tours, des comptes sur certains départs en retraite de Personnels non IEG ou sur le festival de Soulac. Mais aussi (depuis 2000) la surestimation des formations Iforep, qui dans la pratique amène la CCAS à financer des formations non réalisées (5,12 millions d'euros pour la période 1993/1998).
Et bien d'autres choses encore que nous avions nous même dénoncé et qui à n'en pas douter feront l'objet d'un rappel officiel courant 2006.
LE SAVIEZ VOUS ?
A CLAMART, il y a aussi le feu
Tout fout le camp au restaurant. Les vitrines réfrigérées destinées aux entrées et aux desserts rendent l'âme, le stand grillades est fermé depuis deux semaines à cause d'un court circuit parti des friteuses. Le Personnel s'inquiète et se demande pourquoi ce matériel obsolète n'est pas remplacé au plus vite.
Il faut savoir qu'à la CCAS, on pratique la politique de centralisation des amortissements.
Pour ceux que la comptabilité effraie, sachez que plutôt que de déduire chaque année une partie de la valeur d'un matériel dans une unité et de disposer de sa valeur lorsque le remplacement est nécessaire, on centralise et on travaille ensuite au coup par coup.
Comme le plus simple est de citer en exemple ce qui nous touche de près, nous citerons la Maison Familiale de Trébeurden qui dispose de deux garages souterrains sur deux niveaux. Le niveau haut est très sollicité et la porte automatique, en très mauvais état, est bloquée et donc ouverte depuis des mois. La porte du bas fonctionne elle parfaitement et il y a fort à parier qu'il en sera ainsi pendant encore quelques années. Seulement à la CCAS, on est futé mais certainement pas doté de bon sens. Quand on change, on change tout et tout naturellement on a commencé par la porte du bas. Celle du haut, bloquée ouverte le sera plus tard. Ce que nous savons c'est que s'il eut s'agit de notre maison, nous n'aurions certainement pas pratiqué de la sorte.
D'un côté, manque d'entretien, de l'autre gaspillage, tel est le résultat de la centralisation et là il n'y a pas de syndicat pour mettre les pieds dans le plat.
A Trégastel, c'est encore mieux. Normal, c'est tout neuf. Cela n'a pas empêché la cuisine de rester inopérante trois semaines cet été. Heureusement, vous et nous ne savons pas tout, sinon, bonjour la révolution !
Faugère & Juteau pas de bol !
La nouvelle est passée presque inaperçue. Le Groupe Marsh racheté Faugère & Jutheau s'est évaporé in extenso. Après 50 ans de collaboration avec la CCAS et au moment où leur gestion est remise en question, ce n'est vraiment pas de bol.
Heureusement, la CCAS n'est pas à vendre ; sinon ?
Mieux gérer son stress !
Si comme beaucoup vous travaillez à la CCAS et êtes stressés, pas de problème, il existe un stage Iforep et là, ce n'est pas du bidon ; la demande est forte et le stage justifié.
Seule ombre au tableau, personne ne s'explique pourquoi les salariés sont aussi stressés dans cet eldorado social ?
Epilogue :
Beaucoup avec nous : les minoritaires, la Cour des Comptes et vraisemblablement très bientôt la Justice, pensent que la CCAS est gangrenée.
Certes ce n'est pas facile à dire, encore moins à entendre.
Malgré tout que cela ne remette pas en cause vos convictions ou vos croyances.
Les structures ne sont pas en cause et nous pensons que la grande majorité des Agents et des Personnels de la CCAS sont d'honnêtes gens qui ne méritent pas les abus de confiance dont ils sont victimes.
La chasse aux sorcières n'est pas ouverte et l'heure des règlements de comptes n'a pas encore sonné.
Chacun fera son travail ; la justice fera le sien.
Allez, la vie continue. Joyeuses Fêtes à toutes et à tous.
Le comité de rédaction
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