CCASMAG N° 32
Le mot du Président :
2006 ! NOUVELLE ANNEE que nous souhaitons, pour la plupart d'entre-nous, meilleure que la précédente, en chassant aux calendes grecques le pire passé et à venir.
Une anecdote du « pire », en matière de gestion CCAS, nous l'avons effectivement vécu le soir du réveillon 2006. Imaginez
nous sommes dans une Maison familiale CCAS (Trébeurden par exemple). Là, résident un ex Directeur d'Institution mis au placard il y a 7 ans déjà et un Responsable d'Institution en arrêt maladie depuis bientôt un an pour une durée indéterminée. A ce couple d'Agents EGF, rémunérés et hébergés, rajoutons au tableau 8 Agents CCAS conventionnés en CDI également.
Ce Centre, fermé depuis les vacances de la Toussaint, doit, après décision d'Elus, ouvrir ses portes pour le réveillon de la St Sylvestre. Sans occulter la question du coût de cette soirée pour le fonds du 1 % (seuls les « locaux » étaient présents
pauvres Parisiens en mal de dépaysement
) notre bon sens s'interroge lorsque l'on s'aperçoit que tous les CDI précités se sont évaporés et que la préparation et la réalisation du réveillon seront traitées exclusivement par du Personnel saisonnier en CDD convoqué pour cette seule manifestation.
Exit le PAR et les règles élémentaires de sécurité puisque ce Personnel n'est pas formé.
Vous, comme moi, crierez certainement au scandale ; mais peut être pas pour les mêmes raisons. Car le Personnel permanent d'institution a simplement calqué son attitude sur celle de ses Cadres. En effet de ces derniers peu étaient au boulot à cette période. De plus l'organisation du travail ne concernant plus le Personnel des Centres de vacances et les avancements au mérite n'étant pas à l'ordre du jour ne nous étonnons pas de cette désertion au travail à des moments clés.
Pour ma part, si j'ai toujours refusé la maltraitance, je n'ai jamais refusé de travailler et comme disent les anciens, de mon temps, ça ne serait jamais arrivé.
Alors de grâce, messieurs les Elus, laissez travailler les professionnels et arrêtez cette politique de discrimination salariale qui démotive l'ensemble du personnel. Le Réveillon du nouvel an 2006 restera à nos yeux celui de la démonstration de votre échec que vous justifierez certainement dans quelques années comme celui du Personnel.
Mes vux en matière salariale à la CCAS seront que tous les sureffectifs des Directions (Générale, Régionales et de Secteurs) rejoignent leurs collègues dans les Institutions de loisirs au contact des Agents EDF et dans l'exercice d'activités pragmatiques. Que l'on arrête les élucubrations stériles pour alimenter un système qui s'autoalimente et donner des actes plutôt que des discours sans fin. Il en va de votre crédibilité et de la motivation du personnel ; faute de quoi vous continuerez à rester ni plus ni moins que les champions de la mise au placard et de la comptabilité des arrêts maladie.
CCAS infos « Cour des Comptes, deux logiques s'opposent ! »
Nous sommes d'accord ; mais sur le titre seulement. En ce qui concerne la démonstration, nous sommes loin d'être convaincus.
Dans son supplément au n° 263 de décembre 2005, les Présidents respectifs de la CCAS, du Comité de Coordination et de L'IFOREP nous informent en commençant par une désinformation : « Fidèles à notre engagement de transparence ». Difficile dès lors de s'accrocher à la suite quand on sait qu'hormis la CGT, il ne se trouve pas un seul partenaire social pour accréditer cette affirmation.
La Cour des Comptes a relayé ce manque de transparence, demandé depuis longtemps par les autres organisations syndicales ainsi que par tous les sympathisants de CCASMAG sans qu'il y ait pour autant de changement d'attitude.
Par exemple : Quels sont les « actionnaires » de telle ou telle SCI, à quelle hauteur participent-ils, combien de parts pour chacun. Combien coûte telle ou telle tournée culturelle ? Quel montant exact versé à l'association ASTS et pour quelles prestations ? Quelle est la valeur exacte de notre patrimoine ?
La liste est longue et justifierait certainement la parution d'un numéro « spécial transparence ».
« La Cour des Comptes veut nous insérer dans le droit commun alors que nos organismes sont régis par des textes particuliers »
Il y a en effet un particularisme propre à la CCAS issu tout droit de son histoire et que personne, pas même la Cour, ne cherche à nier. De là à se croire résidant de l'île utopie il y a une marge.
La CCAS a toujours perdu de vue qu'elle évolue dans une société, critiquable certes, mais bien réelle. Être performant aurait dû être une nécessité dans l'esprit de nos gestionnaires et la rentabilité sociale générée aurait également dû s'accompagner d'une bonne santé financière. Cette « rentabilité » devant profiter au plus grand nombre n'a de facto profité qu'aux nomenklaturistes. Nous seriner avec la solidarité, arguer que nos activité sociales sont enviées dans le monde du travail (420 millions d'Euros de budget annuel, ça peut le faire) c'est peu et dans tous les cas insuffisant pour convaincre.
La Cour des comptes prétend que la CCAS serait assimilable à un service public. Ce que la CCAS conteste. Juridiquement, la chose est en effet contestable. Mais dans l'esprit, quand on gère l'argent émanant du salaire différé de travailleurs du secteur public, la notion de service public peut être évoquée. Jouer sur les mots ne suffit pas à justifier l'absence d'appels d'offres et autres procédures de marchés. La CCAS a le devoir de traiter ses marchés dans la logique du meilleur rapport qualité/prix et si quelques exceptions de solidarité peuvent survenir elles doivent rester à la marge. Malheureusement nous nous retrouverons trop souvent sur notre « île », ce que la Cour des comptes et nous même nous dénonçons.
Parler du développement économique au niveau local, régional, n'est que foutaise. Nous le savons, la politique des achats est centralisée et la présentation de l'action de QUALITRACE sur le site CCASinfos en est une démonstration parmi la foultitude des passe-droits dénoncés.
« Il est légitime que les fédérations syndicales facturent la charge qu'elles supportent au titre des administrateurs et des agents des IEG qui ne peuvent bénéficier de l'accès à la restauration méridienne assurée par la CCAS »
Là, on ne voit pas bien où l'on veut nous embarquer. Pourquoi mélanger les fédérations, les administrateurs (de quoi ?), des Agents des IEG (lesquels ?) et d'embrayer sur l'affaire des sandwiches (pardon, quelques sandwiches), aux intermittents du spectacle ? Pas bien clair en effet.
Pour justifier de l'action culturelle, on divise par 678 000 bénéficiaires potentiels soit 6,65 . Ils ont raison, ça fait tout de suite moins cher. Et comme plus loin il est affirmé que ce système est un système solidaire qui bénéficie à tous ils ont forcément raison.
L'ennui, c'est que le « tous », ce n'est pas la majorité d'entre-nous. Il suffit de comptabiliser la demande majoritaire d'attribution des chèques vacances, ainsi que la forte demande de chèques restaurant pour relativiser sérieusement le discours reçu.
Comparons !
C'est ce qui nous est dit plus loin à grands coups d'arguments chiffrés sur la participation financière des bénéficiaires comparée au secteur privé. On a juste oublié d'y ajouter la part annuelle du 1 % qui leur revient. Il valait mieux, sinon nous aurions une fois de plus pleuré !
C'est donc clair. La Cour des Comptes se trompe. Et lorsqu'elle indique que la participation de l'employeur à la gestion des uvres sociales serait une garantie de bonne « gouvernance » ! La CCAS réplique en indiquant qu'en général, les employeurs défendent leurs intérêts avant ceux des salariés.
Si l'on comprend bien, lorsque les syndicats réclament un droit de regard sur la gestion des entreprises, c'est légitime. Le contraire n'est pas vrai.
Pour conclure ce chapitre ennuyeux nous réaffirmons ne pas cautionner l'affirmation qu'il existerait un réel processus de consultation, appelé « consult'action », tant nous avons démontré combien celui-ci était orienté. Comment croire que 84 % des bénéficiaires ont désigné la solidarité comme priorité en termes de vacances et de séjours ? Réponse peut convaincante car la question n'est pas clairement définie, au point de ne pas savoir avec précision de quel sujet on parle.
REGARD ORIENTE
Quoi que nous fassions, quoi que nous lisions, notre regard est orienté. Les facteurs de manipulations sont omniprésents :
Positionnement dans la société, dans l'entreprise, histoires et idéologies personnelles, et bien d'autres facteurs qui chaque jour modifient et altèrent notre objectivité. En prenant connaissance du document émanent de la réunion des Secrétaires Généraux CGT de la branche IEG : « Pour un développement de nos activités sociales et mutualistes partout et pour tous » (12 octobre 2005), nous en avions, nous, parfaitement conscience.
De notre point de vue, ce qui ressort de ce document c'est la volonté farouche de l'organisation syndicale majoritaire de substituer à une culture définie comme libérale, facteur de dumping social, une autre culture, solidaire, émancipatrice, et complètement encadrée par : la CGT.
Il est dit ainsi que « les Activités Sociales de proximité ne peuvent plus être détachées de l'activité syndicale et l'interactivité entre les deux est devenue un enjeu décisif ». Pour qui, pour l'Organisation majoritaire ?
Savoir que l'on nous veut que du bien ne peut que nous rassurer. Cependant, à la lecture de ce document, nous en sortons apeurés. Dans tous les domaines : naissance, travail, famille, loisirs, culture, santé, restauration, vieillesse, les activités sociales et le syndicat s'occupe de tout ; et de vous. Rien ne leur échappe au point que vous vous demandez, en cas d'envie pressante, s'il vous faut passer par la structure de proximité, par le régional ou le centralisé.
Certes, le système se veut démocratique (avec un chouia de paternalisme déguisé) peut-être un peu comme maintenant. Un système coopté où les futurs Elus sont présentés (et éventuellement débarqués) par leurs Organisations, quand ils ne sont pas tout simplement désignés et ou le suffrage universel direct n'est finalement retenu que pour le globalisé.
Il y a, il faut bien le reconnaître, de bonnes déclarations d'intention : « Les Electriciens et Gaziers, ont donné, dès l'origine une mission émancipatrice à leurs activités sociales. Elle demeure l'affaire et la volonté d'hommes et de femmes responsables et acteurs de leur vie ».
Peut être, mais à l'intérieur du système et pas question d'en sortir. Ainsi lorsque l'on parle des salariés exclus, il est fait référence aux salariés des nouvelles entreprises concurrentes. A aucun moment aux salariés qui voient les choses différemment et s'il est dit plus loin que chaque salarié doit pouvoir exercer son libre arbitre et sa citoyenneté c'est uniquement dans le cadre fixé par la CGT.
Comme les inactifs deviennent de plus en plus nombreux, une large place leur est consacrée. Il s'agit de mettre en place une action sociale qui permettra de casser l'isolement physique, social, intellectuel et syndical qui suit trop souvent l'entrée en inactivité. Qu'est ce qu'on disait, il y a toujours quelqu'un pour penser à votre place, qui veut votre bien et vous mettre sous tutelle.
Un projet très ambitieux, avec beaucoup de pistes de réflexion mais qui renvoie beaucoup de questions.
Engager la lutte contre la précarité en apportant une réponse solidaire ne contribue t-elle pas à pérenniser l'exclusion et à en disculper leurs auteurs ?
Mettre en place un tel système sans y prévoir un contrôle externe est ce bien raisonnable ?
Ne recrée t-on pas les mêmes lourdeurs politiques et administratives qui ont tant grevé les budgets et paralysé les fonctionnements ?
Et mine de rien, en réponse à une pensée unique, n'a t-on pas volonté de nous orienter vers une pensée tout aussi unique que la précédente ?
Nous n'avons pas prétention à disposer de toutes les réponses et nous ne pouvons que vous conseiller de vous procurer et de lire attentivement ce document en vous rappelant simplement, que quoi que vous fassiez, votre regard sera, comme nous, un tantinet manipulé.
ASSURANCES PARLONS VRAI
Ca tombe bien, on adore ça.
Dans une interview accordée à Françoise Amossé, Eric Noël fait le point.
Extraits :
« Le caractère solidaire est encore mal perçu ». «Le comportement d'une partie importante des CMCAS illustre les difficultés à nous organiser sur le terrain de la solidarité ».
En clair, les agents se prononcent majoritairement pour la solidarité, mais quand il s'agit de leur pognon, ils préfèreraient en décider. Quand à la consult'action : oui, mais pas tout le temps et pas sur n'importe quel sujet.
« La gratuité du contrat IDCP M pour les jeunes agents se paie en fait par la communauté des adhérents. Au final, c'est la presque totalité des jeunes agents qui quitte le contrat après la période de gratuité ». Rajoutons que les cotisations sont désormais assujetties au revenu imposable et donc ce devrait être très dur de booster le produit.
La politique électoraliste c'est bien, mais pour cela, il faut être un peu plus discret.
« Sans attendre les préconisations de la Cour des Comptes, dont on peut douter du caractère novateur, le conseil d'administration a décidé d'une réflexion devant aboutir à la redéfinition de la politique des organismes et du positionnement stratégique dans le domaine des assurances ».
Par respect pour vous, amis lecteurs, nous ne ferons pas de commentaires sur ces propos affligeants.
En conclusion, « L'activité de Marsh (ex Faugère et Jutheau) a été reprise par Satec Services qui devient notre nouveau courtier ». On ne change pas une équipe qui gagne !
LE SAVIEZ VOUS ?
Champions du monde !!
Le demi niveau de rémunération est arrivé. Objectif, diminuer encore un peu plus les possibilités de déroulements de carrières de certains conventionnés et continuer de gaver les camarades payés au maximum de leur fonction et qui de fait ne peuvent plus évoluer. Alors, tous les quatre ans, on proposera au personnel « qui le mérite » un demi niveau et l'on réformera la grille des rémunérations de façon à permettre à la famille de continuer à progresser.
A ceux qui se demandent si une partie du personnel pourraient se démobiliser, nous répondons : Aucun risque, c'est déjà fait.
L'ASTS, pour mieux comprendre le monde (ccasinfos n° 263 décembre 2005)
Mieux comprendre le monde et peut être anticiper les réponses au juge qui se penche actuellement sur la question.
Alors on vous informe (il va bien falloir réussir à vous mobiliser) et on vous donne des chiffres mais curieusement, pas le budget annuel alloué.
Transparence oui, mais dans l'opacité. C'est toujours mieux que de vous entendre hurler combien !!! Faut quand même pas déconner !
Changement de ton
Après de nombreuses rencontres avec la CCAS, la délégation Force Ouvrière réintègre les Instances Paritaires.
La CCAS a plus de cinquante ans. C'est comme ça chez les vieux, il faut toujours hurler pour se faire entendre.
Actionnariat Salarié :
Après l'achèvement de la souscription à l'actionnariat salarié, le groupe EDF et la Direction du CPNE remercie ses Cadres (ceux choisis pour répandre la bonne parole dans les unités).
Une prime exceptionnelle donc de 500 pour avoir favorisé la vente d'actions et contribué ainsi au rassemblement des collègues qui se feront peut-être avoir in fine. (Actuellement le marché est porteur)
CONCLUSION :
A force de critiquer vous allez penser que rien n'a grâce à nos yeux. Loin de nous cette idée puisqu'au contraire, nous pensons que l'esprit de la CCAS est à conserver. De là à penser qu'il en soit de même pour ceux qui en font et qui manipulent le votre il y a un pas que nous ne franchirons pas. Sur cette pensée à méditer nous vous donnons rendez vous à très bientôt.
Le comité de rédaction
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