CCASMAG N° 33

Ivresse du pouvoir

« Pour moi tous les hommes sont plus ou moins gris. Leur comportement, leur position dépendent avant tout de la place qu'ils occupent dans le système, qui est avant tout un jeu de rôle. »
Tel est la toile de fond de L'ivresse du pouvoir le film de Claude CHABROL. Inspiré de l'affaire Elf et qui pourrait être transposée à tant d'autres.


Sauf le  respect que je vous dois

« On a tout à perdre à ne rien faire, tout à gagner à agir » Fiction ? de Fabienne GODET.
De plus en plus le cinéma s'intéresse au monde du travail. Corruption, harcèlement, dépressions, suicides, tout y passe et ce n'est pas le hasard.
Morceaux choisis :
«  Je me suis alors demandé pourquoi des collègues acceptaient l'inacceptable en silence. Certains ont même collaboré, allant jusqu'à rédiger des attestations contre leurs collègues. Ils espéraient sauver leur peau en usant de la dénonciation. » « Lorsqu'on refuse le droit de parole à quelqu'un, il ne faut pas s'étonner qu'à un moment il puisse basculer dans la violence. » « Nous sommes dans un pays de droit, nous avons les moyens de combattre, que ce soit de manière collective avec les syndicats ou de manière individuelle. En fait, on a tout à perdre à ne rien faire, tout à gagner à agir. Dès que l'on porte atteinte à notre dignité humaine, très vite disons donc non ».

La CGT s'est emparée de ces phénomènes et dénonce ; ce qui se passe ailleurs. C'est bien, mais si en plus elle en profitait pour comprendre ce qui se passe chez elle, ce serait encore mieux. La politique culturelle menée depuis des années à la CCAS nous aiderait à mieux comprendre la société, à mieux appréhender les phénomènes qui la régissent pour aller vers un monde meilleur. Apparemment, ça ne marche que chez le voisin.


LA CCAS SE RESTRUCTURE

Et ce n'est pas une plaisanterie !
Mise en place d'une filière « aide à l'exploitation ». Mise en place d'une « filière achat ». Remobilisation du service assurances, relance du dialogue social et mise en place d'une politique des ressources humaines avec comme objectif la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Beaucoup de boulot en perspective donc. Il faut dire que le chantier respire le désordre.

Dans les faits : Les structures s'alourdissent encore un peu plus et le projet relatif à la future organisation des activités sociales et de santé n'est pas là pour nous rassurer. Les achats se recentralisent. On apprend les déboires juridiques de notre courtier historique et les résultats catastrophiques du département assurances (50 000 contrats perdus en quatre ans) et ce n'est pas fini, tant les arguments de solidarité avancés n'ont pour le moment convaincu que leurs auteurs. Quand à la politique des ressources humaines : Jugez plutôt.

Réunion de bureau IFOREP du 30 mars 2006.
A l'ordre du jour : un poste IFOREP Zone 2 GF 12. Un seul candidat GF 9. Avis unanime du bureau pour la nomination. Pour mémoire, la politique nouvelle, en matière de ressources humaines, mise en œuvre depuis quelques mois dans les activités sociales, ne permet plus d'accéder à un poste dont la différence est de 2 GF ?
Même bureau, même jour, la Direction transmet, pour information, un bordereau cadre GF12 avec 4 candidats sans notification de GF ni NR ? Un des candidats (qui est une candidate) est conventionné GF4 et a déjà postulé sur un poste GF12 ; poste retiré du bordereau après le tollé des organisations syndicales. C'est pourtant ce candidat qui est retenu (avant que la vacance ne soit levée) et la Direction, qui n'est pas à une magouille près, s'empresse d'indiquer que la nomination se fera par un passage GF10 en formation, en maîtrise donc, et qu'il n'y a pas lieu de solliciter l'avis des organisations. Ce n'est pas démocratique et en plus, on les prend pour des cons.
Même bureau toujours, un agent GF12 conventionné à l'IFOREP sera muté d'office à la CCAS, dans la structure Budget/Comptabilité.
A quel titre ? Poste statutaire ? Pour la Direction, cela reste une information.
Autrement dit, fermez vos gueules, c'est nous qui gérons.
Pour être complètement honnête nous devons vous informer de l'argumentation de la Direction concernant ce passage de GF4 à GF12. La candidate aurait le meilleur profil ! De face, ça doit être quelque chose ?
Un autre agent, ayant suivi une formation diplômante à la demande de sa hiérarchie n'obtient pas de reclassement à la hauteur de ses compétences, alors que dans le même temps et sur la même DR, sans formation qualifiante, un agent obtient 4 NR en 20 mois, est reclassé quelques mois avant de quitter la CCAS pour devenir permanent dans le syndicat majoritaire. (Cpte rendu de la Présidente N° 2006/006)
L'ennui, avec toutes ces combines, c'est que le positionnement professionnel des agents sur la grille ne veut absolument plus rien dire et la reconnaissance de la fonction et du statut qui l'accompagne non plus. Du coup, disparaissent des notions comme le respect de la hiérarchie, la reconnaissance des compétences et la légitimité des individus dans l'exercice de leur activité.
Nous l'avions déjà constaté avec les titres d'Ingénieurs que s'étaient attribués certains nombrilistes, au mépris de ceux qui, sortis des Arts et Métiers, des Mines ou d'ailleurs les détenaient de façon légitime. Il est vrai que le titre n'étant pas protégé, n'importe quel rigolo peut en user. Il en est ainsi à la CCAS et comme dirait un Astrophysicien célèbre : « Il y a deux choses qui sont infinies : l'univers et la bêtise. L'univers, je ne suis pas sûr ».


Réforme CCAS :

Certains salariés de la CCAS s'inquiètent. Nous recevons des appels à informations et plus particulièrement des personnes hors organigramme depuis des années qui se demandent si la nouvelle organisation de l'organisme ne va pas les précipiter à l'extérieur du dehors et qui, de fait, auraient encore un peu plus de mal à se situer dans un organisme où chaque réforme donne lieu pour certains à une large distribution et pour d'autres à d'énormes déceptions.
En prenant connaissance du Compte rendu de la Présidente (cité plus haut), nous y voyons un peu plus clair (un peu).
La CGT nous fait une déclaration d'intentions. Nous y retrouvons les mêmes bonnes intentions déjà communiquées par le passé et qui n'ont réellement jamais vu le jour. Décentralisation, démocratie participative, pluralisme, transparence et tutti quanti.
Cette fois pourtant il y a du concret. Il va bien falloir recaser les agents des CMCAS et les inclure dans la refonte de l'organisme. La CGT nous propose donc de nous prendre en charge et ce, dans tous les secteurs d'activités. Nous eussions préféré des aides mises à notre disposition pour notre propre prise en charge. Idem pour les activités. Au Libéralisme galopant nous est proposé le Collectivisme. Là encore, nous eussions préféré un système incitateur type abondement, un peu comme pour les intéressements, qui incite les Agents à partir avec la CCAS plutôt qu'à les contraindre voire à les déposséder de la part qui leur revient de droit. Les organisations minoritaires sont évidemment plus critiques. Elles nous rappellent à la consult'action et réaffirment la demandes des Agents concernant les chèques vacances et restaurant. La CFDT fait même dans le concret à Brest et peut être bientôt à Rennes où l'on met en place la « carte loisirs » un système d'aide à la participation à des activités pour ceux qui se trouvent éloignés de la CMCAS ou qui pratiquent des activités qui ne sont pas proposées.
Au passage, on en profite pour rappeler quelques vérités. Les coûts structurels de nos organismes sociaux sont beaucoup trop importants. 73,6 % de charges de fonctionnement dont 40,7 % de charges de personnel. Un rêve à faire pâlir certains dirigeants qui se croyaient être les maîtres en la matière.
Les repas servis dans les restaurants sont passés annuellement de 10 à 6 millions avec les mêmes charges fixes. Il est demandé conjointement les renforcements des contrôles internes et externes, ainsi qu'une comptabilité analytique opérante pour y voir plus clair......
On n'a donc pas fini de rigoler et comme le dit le dicton, Rigolons rigolons, mais ne nous prenez pas pour des couillons.


Côté Cour !

La cour des comptes a demandé des précisions sur les réponses aux relevés de constatations provisoires ainsi que des échanges de courrier entre la CCAS et la COUR s'y rapportant.
En attendant, la CCAS anticipe les critiques et met en place les structures qui faisaient tant défaut à l'organisme et dont l'absence, pointée du doigt par l'ancien Directeur Général, lui a valut une mise au placard.
Il se pourrait cependant que cela soit un peu court. Alors la Présidente fustige le Patronat et les pouvoirs publics, aidés par la Cour des Comptes et le pouvoir judiciaire qui s'en prendraient au particularisme des droits des salariés de l'énergie pour les ramener dans le droit commun. Rien que ça !


Côté Jardin des prud'hommes !

Dans le CCASMAG n° 27 nous vous relations, une fois de plus, le népotisme omniprésent à la CCAS, insoutenable à juste titre pour certains. Nous vous faisions part d'une action prud'homale en cours d'instruction. Le verdict est tombé, et comme d'hab la CCAS se voit condamnée à prés de 20 000 € plus les frais à ses dépens. Rien de plus normal, le 1 % a l'habitude d'être grevé par des frais de procès dont il pourrait se passer.
Mais dans cette affaire c'est le motif retenu qui nous interpelle : discrimination !
Souhaitons que cette discrimination ne soit que positive à l'instar de celle de M. SARKOSY. Permettez-nous d'en douter !


Communiqué de la Direction Générale CCAS

L'ouverture de l'espace Activ'Pro le 7 avril aurait provoqué un afflux important de demandes sur les serveurs Web et un déséquilibre engendrant un blocage durable de l'accès au site de la CCAS. Un problème technique en quelque sorte qui nous vaut les excuses de la Direction et la garantie de mettre tout en œuvre pour une amélioration durable de la situation.

Réponse de la CGT OE et Ufict du personnel du siège de la CCAS

Ce qui était prévisible est arrivé, les personnels et les organisations syndicales ayant maintes fois alerté, et ce de façon récurrente depuis au moins deux ans, la Direction CCAS. Selon le syndicat, ce serait le résultat d'une politique technocratique et unilatérale, contraire à tout professionnalisme et cette situation concernerait quasiment tous les secteurs de travail de la CCAS.
La CGT impute l'entière responsabilité de la situation à la Direction qui tente de minimiser sa responsabilité en associant celle du personnel informatique. Le personnel incriminé ne présentera aucune excuse car il a averti et fait le maximum pour pallier les carences et les absences….pour faire entendre raison à une Direction autoritaire et autiste. Il a même eu recours à plusieurs arrêts de travail.
Il y en a, parmi les organisations minoritaires qui doivent se demander si, à terme, la Direction Générale n'est pas en train de créer les conditions de nouvelles adhésions ?


Le saviez vous ?

Des lecteurs se plaignent de certains centres de vacances CCAS. D'autres se demandent s'ils ne se plaignent pas la bouche pleine et s'ils ne feraient pas mieux d'aller voir ailleurs ?
Pour nous, la critique est un mal nécessaire lorsqu'elle se veut constructive ; même si au passage elle considère que certains de nos élus feraient bien de démissionner.
Enfin, ce n'est pas parce qu'on a du boulot qu'il est interdit de remettre en question ses conditions de travail !

Les informations qui nous parviennent ne sont guère réjouissantes. Le Personnel est de plus en plus désorienté et les documents qui nous sont proposés nous confortent dans l'idée que seule une intervention extérieure pourrait remettre les activités sociales et de santé dans le droit chemin en imposant notamment une réduction significative des structures et la mise en place de contrôles externes réels qui garantiraient aux acteurs de l'Energie la bonne gestion de leur « salaire social différé ».
Comme à chaque réforme, nous allons entrer dans une période courtisane où chacun essaie coûte que coûte de déboulonner son voisin pour se placer. Le spectacle risque fort de ressembler à celui des Présidentielles 2007. Et alors, comme à chaque élection ou remaniement, on en profitera pour mettre hors organigramme les quelques Agents statutaires qui ont eu ou qui auront l'outrecuidance de s'interroger ou de poser les mauvaises questions. Ce qui profitera à n'en pas douter à quelques courtisans conventionnés qui sauront se mettre au service du pouvoir.

Nous espérons cependant pour tous un bel été, profitez en, le prochain risque d'être beaucoup plus chaud !



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