Elections CMCAS J-35

CCASMAG N° 4

"Quand le passé n'éclaire plus l'avenir, le présent marche dans les ténèbres" (Tocqueville).

Il est donc du devoir de ceux qui, à un moment de leur vie, ont été amenés à tenir un rôle dans l'histoire de leur pays ou plus modestement de leur entreprise de contribuer à la permanence de la mémoire collective et tout spécialement à l'intention des générations qui leur succèdent.

Le sigle CCAS, porteur d'espoir dans le mouvement ouvrier serait-il en voie de disparition ?

Une "non réponse" s'impose de peur de jouer les "Cassandre".

Notons cependant que bon nombre d'employés de la CCAS sont groggy, de facto, par l'incohérence politico-fonctionnelle dirigeante, incapable de prendre la mesure des problèmes aussi bien sur le plan structurel que conjoncturel.

L'entêtement à retranscrire les vieux schémas, qui voudraient que l'on ne puisse se sauver qu'en fortifiant ses idéaux, en se radicalisant, en justifiant sans cesse ses actions au nom de l'histoire, bref en avançant en marche arrière, est toujours majoritaire dans l'entreprise. Certes le passé doit permettre de mieux appréhender l'avenir mais n'habillons pas le futur d'un habit appartenant au passé, donnons la préférence à l'image de l'habit d'Arlequin aux différentes couleurs et sensibilités, afin d'apporter la créativité indispensable pour une pérénnité espérée.

Si la principale Centrale syndicale gestionnaire représente aux yeux des Electriciens et Gaziers le contre-feu indispensable à une culture E.G.F décriée, le découplage doit être fait lorsqu'il s'agit de gestion. En effet avocat et gestionnaire sont deux différents métiers, et les efforts de gestion entamés il y a deux ans, après avoir frôlé la cessation de paiement, restent encore peu probants à la CCAS..

Côté politique des ressources humaines, le sectarisme y fait toujours florès. Tout est fait pour démobiliser le Personnel n'adhérant pas au dogmatisme "maison" : iniquité, absence de reconnaissance, déficit de cadres amenant à nommer n'importe qui, laxisme, prévarications, opacité en tous genres..

L'Electricien et le Gazier ne doivent pas s'accommoder d'une telle situation, ils sont en droit de demander un bilan et une situation objective de leur patrimoine. L'existence de leurs avantages sociaux de plus en plus fragilisés de la part d'attaques extérieures doit aujourd'hui se prémunir d'une imminente implosion.

Dans cet univers d'individualisme exacerbé, il ne reste à chacun et chacune qu'un mince espoir de voir survivre l'oeuvre collective de nos aînés.

Aujourd'hui le mal est fait, et il faut se demander comment on va pouvoir en sortir.

Des débats (qui se résument en questions sans réponses) se déroulent depuis ce printemps sur le devenir des activités sociales, des doutes pèsent sur le bien fondé de ces consultations alors que l'on sait que dans le cadre de l'européanisation sociale la Fédération européenne des Energéticiens se construit avec pour corollaire l'épitaphe de la CCAS. Chacun jugera.

La démocratie est vitale à terme à tout système, et l'alternance est un acte démocratique salutaire.

P.S. : Tels des marins embouchés à leur corne de brume nous espérons que les signaux de CCASMAG parviendront aux oreilles du plus grand nombre afin d'infléchir le destin d'un Organisme valétudinaire.

Nous avons reçu beaucoup de courrier et le téléphone a rempli sa mission. S'il est logique que ce soit les messages de sympathie qui prédominent, il s'en trouve quelques courageux cependant pour tenter de soutenir l'organisme dans des explications parfois maladroites, quand elles ne sont pas contradictoires. Ils ont bien raison d'ailleurs, vu qu'il y a de fortes chances qu'ils n'aient pas fait la même carrière sur la base d'une évaluation plus "traditionnelle". Et puis, il y a ceux qui s'offusquent de vous voir rester debout quand eux se sont couchés depuis longtemps. Ne voyez pas de mépris dans ces propos, nous sommes bien placés pour savoir combien il est difficile, après tant d'investissement, d'intégrer la notion de l'échec. Enfin l'honnêteté nous oblige à constater que si ce sont presque toujours ceux qui profitent du système qui plébicitent, ce sont les laissés pour compte qui râlent et qui dénoncent. A moins que ce soit pour cela qu'ils soient restés sur le bord du chemin?

Les chiffres du mois :

Ce mois ci, nous allons comparer, pour les 4 dernières années, les dépenses non affectées dans les bilans financiers de la CCAS et évoquer leur incidence sur les "performances" publiées.

Nota : jusqu'à l'exercice 94/95 il n'y a pas eu de publication des bilans financiers dans les rapports d'activités annuels.

Pour l'exercice 95/96, qui comprend aussi les bilans généraux de l'année précédente, il n'y a pas suffisamment d'éléments diffusés pour permettre une analyse fiable.

Exercice 96/97 :

Les dépenses non affectées s'élevaient à 911 362 kF pour un budget de

2 772 035 kF ou 32,8 % de ce budget. Soit une occultation de pratiquement 1/3 des dépenses totales !

Exercice 97/98 :

Les dépenses non affectées s'élevaient à 1 017 770 kF pour un budget de

2 709 075 kF ou 37 % de ce budget. Soit une occultation de plus de 1/3 des dépenses totales !

Exercice 98/99 :

Les dépenses non affectées s'élevaient à 999 019 kF pour un budget de

2 769 059 kF ou 36 % de ce budget. Soit une occultation de plus de 1/3 des dépenses totales !

Exercice 99/00 :

Les dépenses non affectées s'élevaient à 808 896 kF pour un budget de

2 686 694 kF ou 30 % de ce budget. Soit une occultation de pratiquement 1/3 des dépenses totales !

Nota : on pourrait ajouter à ce résultat 111 652 kF du total des dépenses "vacances familles" non affectées dans les postes d'engagement ce qui amènerait l'inconnue à 34 % pour cet exercice!

Que dire de ces résultats ? nous n'avons pas les détails comptables de la gestion de la CCAS. Nous ne pouvons que constater qu'ils majorent d'autant les performances publiées et de vous renvoyer pour toutes précisions, auprès de vos élus locaux.

CCAS INFO N° 216/66 septembre 2001 page 9 :

Visite de François Roussely à l'invitation de Jean Lavielle : "la CCAS contribue à construire l'identité de l'entreprise. Je souhaite que les activités sociales puissent prochainement concerner l'ensemble des salariés du groupe à travers le monde, à l'égard desquels notre responsabilité ne se limite pas à nos prises de participations financières."

C'est qui qui l'avait dit ! l'Europe est en marche, selon les souhaits exprimés des Electriciens et Gaziers bien entendu. Rigolons, rigolons.....

Page 13 : Ramatuelle et Risoul sauvegardés

La CCAS et la Fédération Léo-Lagrange créent une société civile immobilière. Comme pour La Napoule, on vous remettra une petite brochure et vous saurez tout sur l'historique, le fonctionnement etc. Pour le coût de l'acquisition, le coût de la première tranche de travaux, la participation du CRE de la RATP lors de leur association avec la CCAS, leur participation aux frais de fonctionnement, la gestion des cultures d'entreprises dans une maison gérée par Touristra, toutes ces questions qui concernent directement les "Actionnaires" que vous êtes, là encore, il vous faudra vous rapprocher de vos élus qui ne manqueront pas de répondre à ces interrogations bien légitimes.

Le saviez vous ?

Le forum syndical International CGT de Grenoble du 24 au 26 octobre 1999 a nécessité la participation de "bénévoles", qui ont récupéré depuis, et l'embauche d'une douzaine de saisonniers dont les salaires, selon nos informateurs, auraient été ventilés sur plusieurs institutions (les Saisies, Mégève...).

Un militant du CE de la Régie Renault, licencié, a été embauché à la DR Alpes en GF 10, sur un poste en GF 9 ? heureusement, les travailleurs belges de Villevorde, n'avaient pas tous la carte à la CGT ! sinon, le par ne serait plus le par et le pour !!!!

Encore une fois, c'est le caractère sélectif qui nous gêne. Mais c'est vrai qu'on peut tout justifier. Nous, on ne peut s'empêcher de penser à notre copain de St-Etienne qui après avoir été agent détaché pendant des années, dans les villages de vacances les plus difficiles ( Capbreton 5 fois), est parti en inactivité avec le statut de releveur de compteurs. Rien qui ne soit pas noble dans l'esprit sauf au niveau pécuniaire. Maintenant c'est vrai qu'il était détaché. Aux dernières nouvelles, il serait toujours bénévole.......respect.

Chargé de mission, on fait ce que l'on veut, surtout si on a un frangin à la FD. C'est sympa, en plus ils donnent un ordinateur.

Un camarade saisonnier de la CCAS a menacé celle-ci du Tribunal des prud'hommes. Une sombre histoire de contrat de travail comme toujours. Là, je sens que vous nous trouvez médisants. Faut dire que notre ami est membre de l'UL CGT à Lyon et que "l'affaire" s'est arrangée à l'amiable. Il y a fort à parier que sinon la CCAS aurait fait ce qu'elle a toujours fait: aller jusqu'au bout......de rien.

N'oubliez pas quand même que c'est vous qui payez et que la note globale commence à être salée. Parait que ça coûte moins cher que d'appliquer à la lettre le code du travail alors ???

Des infos sur vos vacances :

dans ce journal nous ouvrons une nouvelle rubrique : l'application des règles de sécurité à la CCAS.

Nous aborderons toutes les formes possibles de cette application. Que ce soit pour les personnels et autres organisateurs de vos vacances ou que ce soit pour votre propre sécurité lors de vos séjours dans un centre CCAS.

Notre premier volet sera consacré à la sécurité incendie dans les ERP, les établissement recevant du public. Vos centres de vacances sont légalement considérés comme tels, au même titre que n'importe quel bâtiment qui permet de recevoir du public.

Nous allons commencer par le gardiennage. Pas celui contre les vols qui fera l'objet d'une autre rubrique que vous pourrez alimenter en anecdotes (ce site est aussi votre moyen d'expression), mais au gardiennage relatif à la sécurité incendie des ERP.

Dans nos centres de vacances, il y a des systèmes de détection incendie qui doivent déclencher une alarme dès la moindre émission de fumée ou de chaleur anormale. En général, ils fonctionnent correctement et les incidents sont corrigés sans délai. Ce bon fonctionnement est contrôlé tous les trois ans par une commission de sécurité légale.

La loi française précise que ces tableaux d'alarme doivent être surveillés 24h sur 24 par du personnel astreint et habilité à mettre en oeuvre les moyens d'alerte et de 1ère intervention idoines en quelques minutes en cas de détection confirmée de sinistre.

Or, dans vos centres de vacances, il n'y a plus de personnel d'astreinte au sens de la protection des ERP. Les permanents des centres coûtaient trop cher...

De réformes de structures en réformes de structures, ils ont été remplacés ou "virés" pour les plus tenaces. La DG a simplement "oublié" leur charge de sécurité en astreinte, leur présence physique près du tableau d'alarme ou son renvoi près de leur lit.

C'est obligatoire 24h sur 24 quand les locaux collectifs et/ou de couchages n'ont pas de sortie directe sur l'extérieur (nous pouvons vous communiquer les références précises des textes en vigueur). Mais il faut compter au moins 750 000 F par an pour la surveillance d'un site ordinaire ouvert une quarantaine de semaines alors....

Au fait, pendant vos dernières vacances, y-avait-il un gardien 24h sur 24 ? avez-vous vu le personnel faire des exercices incendie ? Si oui tant mieux. Mais c'est peut-être grâce à la conscience d'un responsable qui s'est impliqué personnellement...

Nous pouvons l'affirmer, nous payons très cher (nous sommes placardisés sans déroulement de carrière) d'avoir fait partie de ces dissidents qui ont osé rappeler à leur hiérarchie que l'on ne doit pas transiger avec la sécurité des personnes.

La CCAS ne respecte pas correctement ces règles dans nombre de ses établissements classés. Elle affirme aux commissions de sécurité qu'il y a des personnels astreints à la surveillance des alarmes. Les constats de carences relevés dans le renseignement des registres de sécurité sont bien souvent excusés par des arguments fallacieux. On évoque alors des oublis, un manque d'habitude, etc etc.

Jusqu'à présent, il n'y a pas eu d'accident grave mais un jour où le saint patron "protecteur" de la CCAS oubliera de surveiller les fumeurs somnolents et autres courts-circuits.....

En 1999, la CCAS mettait en vente l'Institution Arcs 1600. Cette vente fût concrétisée en octobre pour un montant de 4,5 millions de francs. Nous nous en étonnons car il semblerait que dès le mois d'août, un gros promoteur immobilier, disposant d'un parc important, avait fait une offre de 5,2 millions. L'institution Le Vieux Clos (en plein centre de Val d'Isère), en mauvais état il est vrai, a été vendue après les jeux olympique ? C'est quand même nigaud ! Et l'on peut s'interroger sur le respect apporté à ce patrimoine légué par EDF. Comment vendons-nous ? Comment achetons-nous ? On nous parle de plus en plus de ces transactions, de l'achat de Tignes (achetée au Club Med) et de sa revente prochaine, de la vente des Charmettes....

Appels d'offre et prestataires de services :

Dans son rapport introductif de la commission exécutive fédérale du 07/11/1994, notre ami Denis Cohen déclarait :

" Je ne suis pas en train de faire le coup de la citadelle assiégée qui conduirait à ce que tout le monde se range au garde à vous fixe, derrière une banière. Simplement je souhaite que chacun prenne en compte, dans sa réflexion, son analyse, l'enjeu de la situation: casser des activités sociales pour casser de la CGT, en s'appuyant sur le doute de notre gestion. Tel est bien l'objectif et l'enjeu de la bataille que nous avons à mener."

1994 et déjà ???? et d'ajouter : "je souhaite d'ailleurs que chacun garde son droit de critique....Celui-ci, dans ce contexte, doit s'exercer en interne. Ces problèmes de gestion sont d'autant plus sensibles que le climat des affaires est un climat extrêmement chaud, je veux dire avec force que, laisser accréditer l'idée que nous serions comme les autres, que les affaires existeraient à la CCAS ne tient d'aucune réalité."

Peut-être, il n'empêche qu'un peu plus loin, il s'étonne : "de certaines questions, relayées malheureusement par certains de nos militants s'agissant de nos élus...... qu'il suffise que nous travaillons ou passions un contrat avec une entreprise liée au mouvement ouvrier pour que ceci fasse débat. A toute occasion, le seul critère retenu est que cela soit bon pour le 1 %, bon pour les salariés des industries Electriques et gazières."  Fin de citation.

L'ennui, c'est que 7 ans plus tard, il semble que le débat en interne n'ait pas eu lieu et que les craintes se soient amplifiées.

Et de conclure sur le plan structurel : "Pour ma part, il me semble qu'il faut remettre la pyramide à l'endroit. Partir de là où l'on réalise les activités sociales pour reconstruire jusqu'en haut la CCAS... L'organisation du travail doit donner les moyens là où sont produites les activités sociales, au lieu de décentraliser les contraintes etc...."

Ou c'est pas lui qui commande, ou les autres ne comprennent rien ! Toujours est-il qu'en ce qui nous concerne, R........, mais !

Nous nous sommes penchés sur ces entreprises "liées au mouvement ouvrier". QUALITRAS (qualité, tracabilité), Nutriplat (outil de suivi des plats cuisinés), Cabinet CAMPANA ELEB (pour les audits), société TIS (matériel audio, vidéo), DACOSTA (extincteurs), IDELIA (location de véhicules), TRIGANO (toiles de tentes), la BRED (gestion financiére), qui, cela dit en passant, a des problèmes de mise en examen pour blanchiment d'argent depuis décembre 2000, FAUGERE et JUTHEAU (assurances) et bien d'autres encore. Nous avons cherché à vérifier si cela était bon pour le fonds du 1 % et là encore, nous avons eu du mal à comprendre.

Pourquoi la CCAS paye t-elle 62 F HT le forfait d'entretien de ses extincteurs courants à la société CHRONOFEU, alors que EDF paye 19,01 F HT, la même prestation réalisée par la société DESAUTEL ?

Nous n'en sommes pas au stade de quelque affirmation que ce soit, d'autant qu'il est parfois difficile de s'y retrouver. Pour certains achats dans le cadre de marchés nationaux, lorsque l'on contactait la société INEFCO, on avait la société HOGOS qui répondait, et lorsque l'on traitait avec la société HOGOS, c'était un fournisseur courant qui proposait sa prestation.

Nous ne sommes pas détectives, mais, par exemple, lorsque les produits de restauration ne répondent pas aux critères du meilleur rapport qualité prix, il nous semble normal, au nom du par, de chercher à comprendre.

Il est vrai que dans un organisme démocratique, ces questions ne devraient pas se poser, puisque nous devrions pouvoir avoir des réponses satisfaisantes à nos interrogations. Ce n'est malheureusement pas le cas.

Dans le CCASINFO de septembre, on vous parle des enjeux des prochaines élections. Nous voudrions lever le voile sur nos intentions. Il y a parmi vous des gens qui pensent que nous sommes manipulés, que ce sont les minoritaires, pourquoi pas les islamistes ? Il n'y a rien de tout cela et c'est facilement vérifiable. Nous accueillons toutes les obédiences, pourvu qu'elles soient sincères et que nos adhérents ne confondent pas politique et politicien, syndicalisme et chapelle, religion et sectarisme.

Notre démarche n'est pas orientée contre telle organisation ou telle autre, mais bien contre les pratiques et les discours contradictoires. Notre intention n'est pas non plus de nous en prendre au système en tant que tel, mais aux hommes si d'aventure, démonstration était faite de l'inadéquation des actes et des objectifs.

Sur le fond, comme sur la forme, le débat n'est pas possible (et ce n'est pas faute d'avoir essayé). Nous avons donc pris le parti de sortir de l'interne et de nous adresser aux médias et à un procureur avec qui nous avons eu un premier contact.

En attendant que ces démarches entrent dans les faits, nous tenons à répéter que pour le moment, rien ne permet de dire que l'éthique de notre organisme n'ait pas été respectée et ce, même si le trouble existe vraiment. Pour tout ceux qui seraient inquiets de la tournure des événements, rappelons que celui qui n'a rien à se reprocher, n'a aucune raison de s'inquiéter.

Prochain rendez-vous : le Vendredi 19 octobre 2001.

le comité de rédaction



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