CCASMAG N° 8

CCASMAG, l'association de défense du salaire social des agents des Industries Electriques et Gazières.

LIBRES REFLEXIONS DU MOMENT

Les dés sont jetés, nous l'avons appris par voie de presse courant janvier (le Monde du 10, le Nouvel Observateur du 17 et l'Usine Nouvelle du 24). Nos analyses de la situation, depuis le début de CCASMAG vous l'avaient laissé entrevoir.

La CGT collabore avec la présidence d'EDF à la dénationalisation des IEG.

Pourquoi ce reniement des décrets fondateurs de l'entreprise et de ses statuts par ce qui a été la plus virulente mais aussi la plus constructive (pour la mise en place du parc nucléaire, lire l'étude sociologique "le modèle EDF" de Michel Wieviorka et Sylvaine Trinh) des centrales syndicales d'EDF ?

Un tel revirement idéologique aurait nécessité une incontournable consultation d'ampleur nationale dûment motivée de la base. Nous n'en avons pas été informés sauf si elle a été secrète. En tous cas, nos camarades sympatisants syndiqués à la CGT n'en ont pas entendu parler.

A CCASMAG, nous en suspectons les motivations. C'est pour qu'EDF, qui est sensée contrôler la bonne gestion de la CCAS, n'en dénonce pas les "petites turpitudes" et les grands errements. La CCAS s'est ainsi aliénée au silence d'EDF pour que les agents ignorent, le plus longtemps possible, que la CGT ne peut plus rien opposer à la Présidence d'EDF. C'est aussi pour que, sauf mouvement d'opinion contraire imprévu, la fédération CGT des IEG ne perde pas la face car elle entraînerait la confédération qui y perdait pour très longtemps sa représentativité nationale majoritaire. En plus, les représentants de la CGT au conseil d'administration et peut-être d'autres, des centrales minoritaires, visent le pilotage d'un futur CE européen avec la bienveillance de la présidence de la future holding de l'énergie. De quoi satisfaire de nouveaux intérêts politiques et de faire table rase de la CCAS en prétextant que la mise en place d'une formule de CE supra national est inéluctable !

Nous ne sommes pas étonnés de la démarche du Président d'EDF qui était expert du cabinet socialiste qui préparait l'alternance avant 1981, l'affaire devait être entendue de longue date ! Par contre nous ne pouvons pas admettre le revirement de la CGT qui a bien évité de consulter les agents pour tourner casaque sous le fallacieux prétexte de l'accompagnement du changement des IEG. Ce n'est pas son rôle et encore moins son droit !

Nous crions à la trahison car aux dernières élections de représentativité la CGT ne se vantait pas de ses tractations "secrètes" en cours avec EDF. Aujourd'hui elle prétend qu'il vaut mieux accompagner la privatisation que de la subir. Quel triste et pauvre argument qui mettrait assurément Marcel Paul dans une indicible rage. Que ces gens là ne fassent plus référence à son oeuvre, ils n'en ont plus le droit ! Quelle usurpation, les agents des IEG n'ont pas mandaté la CGT pour gérer en catimini la privatisation, même partielle, de leur entreprise. Ceux qui ignorent les faiblesses de cette centrale lui ont donné mandat de représentation et non de substitution. Dans la même logique, ils sont bien partis pour sacrifier aussi à terme notre statut et ses corollaires. Cette trahison, si elle n'est pas combattue, permettra en plus de promouvoir l'ego collectif politique de quelques apparatchiks cégétistes notoires. Elle sauvera aussi quelques petits privilèges individuels, en remerciement de leur servilité zélée, pour les fidèles de l'ordre établi à la CCAS que la CGT gère par CA interposé.

Si la CGT n'était pas aliénée à EDF par ses errements, ses abus de confiance et même certains détournements de fonds dans la gestion de la CCAS, elle aurait pu engager les agents et les clients captifs dans une négociation avec EDF sur les objectifs de l'ouverture du capital et ses conséquences. Elle aurait peut être permis aux ex abonnés de ne pas risquer de faire les frais d'une mauvaise fortune potentielle. Ils avaient jusqu'à présent une entreprise de vrai service public qui avait su évoluer dans l'intérêt de tous y compris les grands industriels. EDF est une entreprise performante qui excite la convoitise des acheteurs en puissance et l'intérêt d'un état vendeur en recherche de liquidités.

Et si pour corser le tableau, l'autorité naturelle de tutelle de la CGT avait non seulement laissé faire mais peut-être cautionné cette collaboration ? Et si, comble de l'hypocrisie, elle avait commandité cette situation au nom d'une certaine coalition à préserver pour survivre contre vents et marées d'opinions volages ?

A CCASMAG, nous n'avons ni mandat ni autorité pour évaluer l'intérêt de l'ouverture du capital d'EDF aux fonds privés. Par contre, nous avons le droit de nous interroger et d'exiger de participer aux débats. Notre bon sens d'agents et de clients ordinaires nous autorise à croire que ces capitaux ne seront pas investis à fonds perdus. Il faudra bien les rémunérer. Pourquoi alors ne pas oser créer une coopérative nationale ?

Quelques petits centimes de francs voire d'euros de bénéfice par kW vendu ne seront peut-être pas très douloureux sur une facture de client captif (les clients éligibles négocient déjà leurs prix d'achat) mais feront une grosse cagnotte à partager à nouveau. Nous disons à nouveau, car d'anciens actionnaires se partageaient jusqu'en 1996 un autre 1 % du chiffre d'affaire d'EDF. Celui qui leur a été consenti en dédommagement à la nationalisation de leurs vieilles entreprises pour normaliser et rationaliser la production et la distribution de l'électricité sans se heurter aux rivalités et intérêts individuels. Ils n'ont pas dû apprécier cette perte sèche.

Elle sera bientôt compensée par la rémunération des fonds qui permettront à une minorité d'investisseurs privés d'acheter une entreprise payée collectivement par le prix du courant.

L'état a choisi de vendre EDF dont il ponctionne cycliquement le budget alors qu'en contrepartie il n'a plus le droit de le subventionner comme il le faudrait pour les gros investissements ou si l'entreprise était déficitaire, ce qui n'est pas le cas. La rentrée d'argent frais sera conséquente. Osera-t-il ne mettre en vente que la valeur de ses mises de fonds (les impôts payés par nos parents) même réactualisés ?

Car même si nous faisions abstraction de nos impôts, même si EDF appartient légalement à l'état, lorsque les comptes sont équilibrés, c'est le prix du courant vendu qui amortit l'entreprise et sa production. Ce sont donc bien tous ses clients qui l'ont payée proportionnellement à leurs achats d'énergie depuis de nombreuses années. Si l'on nous demandait notre avis, nous serions nombreux à vouloir conserver et gérer, telle qu'elle est, cette entreprise de référence technique et sociale. Ses statuts sont exemplaires, justes et applicables si l'on s'affranchit, comme c'est faisable avec un peu de bonne volonté, d'une certaine pesanteur syndicale.

La CGT, qui a mandat représentatif majoritaire du personnel, aurait dû engager la défense de ces intérêts collectifs nationaux de référence. Elle s'est présentée aux élections de représentativité avec la prétention de quasi-exclusivité de cette défense. Aujourd'hui, par faiblesse, elle trahit ses engagements. Nous avions des doutes à CCASMAG. Maintenant nous avons la certitude de la trahison de ce syndicat. Elle trahit doublement puisqu'elle cherche aussi à brader la CCAS pour la faire évoluer vers un statut de CE ordinaire en prétendant le contraire. Le comble de l'hypocrisie, passe par ces fameux colloques de l'été dernier sur son devenir, sur ce qu'il faut mettre en oeuvre pour améliorer la prestation servie. On a même osé demander l'avis des agents en oeuvrant contre !

Que ces derniers le donnent à nouveau pour rappeler à ces pseudos gestionnaires qu'ils n'ont pas le droit de brader le patrimoine foncier pour satisfaire leurs objectifs politiques et encore moins pour éponger leurs inadmissibles surcoûts de fonctionnement.

Nous n'avons plus que faire de tels représentants qui oeuvrent pour leurs intérêts au lieu de ceux de la collectivité. Nous nous sentions, à CCASMAG, un peu isolés dans notre dénonciation de cette hégémonie dévastatrice. Depuis, la fédération Force Ouvrière de la CCAS s'est engagée dans la lutte contre la trahison du service public. Nous saluons cette décision, même s'il n'est pas de notre vocation de distribuer des bons points, et saluerons toutes celles et tous ceux qui oeuvreront pour la défense des IEG et du statut exemplaire des agents (même s'il doit évoluer raisonnablement). Il est vrai que pour la conception ultra libérale d'un certain patronat c'est plutôt un mauvais exemple. Nous souhaitons à tous les salariés français de pouvoir se mobiliser un jour pour défendre leurs acquis et leurs droits comme nous pouvons le faire à EDF. Nous le considérions comme un devoir lorsque nous défendions l'entreprise nationale et ses clients captifs contre des intérêts spéculatifs potentiels. Il serait encore temps d'aborder le véritable fond de la situation des IEG et des débats qui doivent en découler. Au lieu de prendre cette voie, les pseudos négociateurs du moment usent à l'envi les capacités de réaction des agents pour de vaines escarmouches qui ne sont que des leurres.

Nous avions annoncé l'ouverture du site http://site.voila.fr/ccasmag/ par l'envoi de plus de 300 fax dont les deux tiers aux grandes unités EDF et le reste, à l'interne, dans les différents services de la CCAS. Malgré la loi du silence qui semble régner entre la CGT et EDF, il a dû y avoir quelques fuites. Aujourd'hui, sans plus de publicité, nous avons dépassé les 2800 visites. Nous comptons bien que la diffusion des coordonnées de notre site de contestation de la gestion actuelle de la CCAS se développera de plus en plus auprès des agents des IEG. Ils auront un éclairage différent sur l'emploi qui est fait de leur salaire social. Vous qui lisez ces lignes, parlez-en autour de vous. Tous les Français sont concernés par le devenir d'EDF. Il est encore temps de convaincre les dirigeants de l'entreprise et leur tutelle gouvernementale de demander leur avis aux clients que nous sommes en nous donnant les éléments d'analyse nécessaires. La CGT, au lieu de collaborer de son propre chef, aurait dû oser engager un débat national avec les agents et le grand public. Pourquoi ne pas aller jusqu'à exiger une modification de la constitution permettant un référendum sur les grands débats nationaux tel que celui sur l'électricité voire sur l'énergie dans sa globalité ?

Mais ne rêvons pas. Nous nous consolerons en pensant que seuls les moins de 20 % des ayants droit qui peuvent être affectés en période de vacances scolaires, appelés "bénéficiaires", seront un peu plus perdants chaque année ! Les autres, les "non bénéficiaires", ont déjà perdu leur salaire social tant sa gestion est galvaudée.

Certains, les plus aisés financièrement, se consoleront en achetant des actions maison pour améliorer une retraite qui risque elle aussi de subir les affres de la privatisation. Ce sera peut être une bonne affaire car EDF restera une bonne boite si ses prétentions colonisatrices ne la plombent pas trop. Et puis peut-être encore que nous garderons nos tarifs particuliers. Si l'on n'oublie pas en hauts lieux qu'ils ont, en temps donnés faits partie d'accords de modération salariale !

Les dés roulent.....

Nous vous l'avons dit plus haut, le syndicat Force Ouvrière n'est pas d'accord. Pour le moment, la CFDT ne semble pas bouger. Si tel devenait le cas, nous ne manquerions pas de vous en informer, idem pour ceux de la CGT (ceux qui n'ont pas changé).

Nous nous sommes donc intéressés au "Canard Déchaîné" que nous avons découvert pour l'occasion (nous devons le dire honnêtement), et notamment au n° 3.

Pour être déchaîné, il est déchaîné. On dirait du ccasmag ! Nous n'allons pas vous le raconter, vous pouvez vous le procurer, mais nous avons eu l'idée de vérifier la teneur d'un article traitant des déroulements de carrières et des nominations sur des bases que la logique réprouve.

Nous avons donc décidé de comparer deux déroulements de carrières et de les commenter.

Nous avons mis en parallèle la fiche de situation du président de notre association avec celle d'un de nos cadres dirigeant. Nous avons masqué l'identité de ce dernier parce que nous ne lui avons pas demandé son accord d'une part, et parce que nous ne sommes pas sûr de son humour d'autre part.

tableau 1
tableau 2

C'est vrai, c'est écrit petit ! Vous pouvez voir en plus grand en cliquant ici !


Nous n'avons pas d'aide de la part du fonds du 1 % et nos moyens sont donc modestes.

Il n'empêche que que cela amène tout de même quelques commentaires.

Tout d'abord, même date d'entrée 1970. Ecole EDF pour le premier, embauche en 3 monteur électricien. Ecole EDF aussi pour le deuxième version AMT donc embauche en 6 agent en stage.

Certificat d'étude primaire élémentaire dans le premier cas. En réalité, DUT (carrières sociales) et DEFA (diplôme d'état à la fonction d'animateur). Le Président de ccasmag nous indique avoir demandé à plusieurs reprises que figurent ses diplômes. Les photocopies on été envoyées sans succés.

CAP électromécanique dans le deuxième cas. L'honnêteté nous laisse penser qu'il sagit là aussi de carences, en terme d'efficacité, de notre appareil administratif. Dans le cas contaire, il nous resterait les yeux pour pleurer.

2 avancements au choix au contingent sur la première fiche. C'est pauvre !

2 avancements au choix non contingentés, 2 avancements particuliers (c'est particulier) 5 reclassements à titre personnel. Nous pensons qu'il sagit des homologues.

De la mobilité sur toute la première partie pour le premier, sur la fin pour le deuxième.

Les deux fiches n'ayant pas la même date, il convenait d'actualiser : actuellement GF 9 NR 10 pour l'un, GF 18 NR 27 pour l'autre.

Que dire ?

- Qu'il vaut mieux être détaché au syndicat qu'aux activités sociales. Dans le premier cas, il y a les homologues.

- Qu'en terme de mobilité, il faut continuer à se méfier des donneurs de leçons.

- Qu'un tel écart ne peut rationnellement se justifier que par une formation de très longue durée, une intelligence exceptionnelle, ou une capacité de travail à faire pâlir Madame Martine Aubry.

Dans tous les cas, l'écart est énorme et ne peut se justifier que par une énormité.

Il se pourrait donc que le syndicat Force Ouvrière, ait tout à fait raison.

LE SAVIEZ VOUS ?

- Dans le CCAS infos de janvier 2002, nous avons eu le plaisir de lire ceci : "les activités sociales rendent des comptes à leurs propriétaires." Quand même ! Et de nous annoncer un rapport annuel d'activités joint au CCAS infos de février. Il était précisé qu'il s'agirait d'un rapport d'activités abrégé (faut pas non plus déconner). Nous avons quand même attendu avec impatience et évidemment, notre déception n'en a été que plus grande. Dans un premier temps, nous avons cru à un rapport de propagande. Et puis les chiffres sont apparus, en couleur. Il ne faut pas se moquer des gens. Les propriétaires que nous sommes veulent savoir si leur argent est géré correctement et nous n'osons même pas imaginer la tête d'un actionnaire d'une grande entreprise privée si on lui rendait des comptes en lui présentant un bilan comme celui-là.

Alors encore une fois, rigolons rigolons, mais ne nous prenez pas pour des couillons !

- La CCAS a présenté ses voeux à la DR Bretagne. Il n'y a pas eu de remise de médailles (du jamais vu). Les nominés n'ont apparamment pas bien compris le message d'excuse et s'en sont repartis frustrés. A l'institution où s'est déroulée la cérémonie, on a oublié de saluer la mémoire de l'ouvrier d'entretien conventionné de cette Institution (décédé quelques jours plus tôt).

Nous qui n'avons peur de rien, nous avons décidé symboliquement d'en décerner.

Médailles du mérite à :

Monsieur Jean Houstler Ouvrier d'entretien décédé récemment.

Monsieur Marc Phénix stoppé dans son activité professionnelle par la maladie.

Monsieur Christian Lamory pour les mêmes raisons.

Monsieur Arthur Corouge pour les mêmes raisons.

Monsieur Daniel Jarriez accidenté en rendant service à l'organisme ,et à tous les autres à qui nous présentons nos excuses et qui, bien que ne faisant pas partie du sérail, se sont donné sans compter et auraient, eux aussi, bien mérité la reconnaissance publique.

SECURITE dans les Etablissements Recevant du public (ERP)

En réponse à une question sur la sécurité dans vos centres de vacances, dans cette édition, nous vous communiquons le mode de classement des principaux ERP qui concernent la CCAS. Il est extrait du REGLEMENT DE SECURITE CONTRE L'INCENDIE relatif aux Etablissements Recevant du Public.

Dispositions générales et commentaires officiels.

Edité par le ministère de l'intérieur, direction de la sécurité civile.

Les établissements sont identifiés thématiquement par une lettre et classés en 5 catégories réparties en 2 groupes.

Identification thématique :

L : salles à usage d'audition, conférences,spectacles, à usages multiples.
N : restaurants et débits de boisson.
O : hôtels et pensions de familles.
R : établissements scolaires, colonies de vacances.
U : établissements sanitaires.

Des dispositions particulières sont aussi applicables à chaque type d'établissement. La CCAS peut aussi être concernée par certains établissements spéciaux tels que les CTS, chapitaux, tentes et structures itinérants ou à implantation prolongée, ou fixes. Et SG, les structures gonflables.

Les groupes :

1er groupe : Grands Etablissements (GE)

"1ere catégorie : au dessus de 1500 personnes, 2ème catégorie: de 701 à 1500 personnes, 3ème catégorie : de 301 à 700 personnes, 4ème catégorie : au dessous de 300 personnes à l'exception des établissements compris dans la 5ème catégorie".

2ème groupe : Petits Etablissements (PE)

"5ème catégorie : établissements dans lesquels l'effectif du public n'atteint pas le nombre minimum fixé par le réglement de sécurité pour chaque type d'exploitation".

Nous nous tenons à votre disposition pour vous apporter tout autre complément d'information que vous pourriez souhaiter avoir sur ce sujet.

NON LES JUGES N'INVENTENT PAS LES AFFAIRES...

"La justice républicaine n'est respectable que si elle est indépendante et s'applique à tous. Le monde de la finance n'a aucune raison d'y couper."

Par Philippe Courroye
Juge d'instruction au pôle financier parisien

Avec l'aimable autorisation du magazine MARIANNE
(article paru dans le n° 249 du 28-01 au 03-02-02)

Le pôle financier n'est pas tant le regroupement de magistrats spécialisés (ce qui est inévitable si l'on veut traiter cette matière), mais surtout l'arrivée à nos côtés d'assistants venus d'autres administrations (douanes, fisc, comission bancaire) qui apportent leurs compétences et rompent l'isolement du juge. De ce fait, le magistrat délègue certaines tâches, reçoit des avis, devient davantage coordonnateur d'équipe. L'efficacité de son travail en sort renforcée. une des spécificités de la matière économique et financière est qu'elle semble à première vue aseptisée et indolore. Le préjudice résultant d'un vol de sac à main est immédiatement perceptible. Les conséquences dommageables des infractions économiques sont plus diffuses mais pourtant considérables.

Ainsi un détournement de fonds dans une société porte atteinte aux intérêts des salariés, des actionnaires, des fournisseurs, et compromet la pérennité de l'entreprise et au-delà, son environnement économique. C'est assez comparable à une forme de pollution : une cuve de mazout jetée dans une rivière peut mettre en péril la flore et la faune...

Une société qui paie pour obtenir un marché fausse la concurrence, tire vers le bas la décision d'octroi du marché (qui ne s'appuie plus sur le sérieux de l'offre mais sur la vénalité). Toute la logique d'un système est pervertie et vous voyez bien que le trouble à l'ordre public est très concret.

Enfin, une autre caractéristique de cette délinquance est d'être très structurée, occulte, complexe et transnationale. Les évènements du 11 septembre nous ont sans doute vraiment fait comprendre que passaient dans la tuyauterie de la finance internationale le financement du terrorisme, le recyclage de l'argent des trafics d'armes, de la drogue,de la prostitution enfantine, etc. La difficulté étant pour nous de suivre ces flux financiers et d'identifier, dans cette masse, le produit de l'argent du crime. L'entraide policière internationale reste encore à construre ! Quant aux critiques dirigées contre les juges qui s'en prendraient aux puissants, il y a deux réponses. La première est de rappeler que le juge n'invente pas les affaires. Et s'il faisait tout simplement son travail ? Personnellement, je tente de résoudre l'équation juridique : une infraction est-elle constituée ? Quelle responsabilité pénale retenir ? La seconde est de rappeler que la justice républiquaine n'est respectable que si elle est indépendante et que les lois s'appliquent à tous. J'ai la naïveté de croire à ces principes essentiels de notre démocratie.

Nous aussi, à CCASMAG, nous croyons à l'application de la même justice républicaine et indépendante pour tous... Tôt ou tard...

Huit numéros déjà ! Et nous sommes toujours là.

Le plus important est que nous ne sommes plus seuls (nous parlons des idées bien entendu). Outre le monde syndical, il y a aussi la presse et à ce propos, nous vous conseillons vivement de consulter le mensuel CAPITAL. Lui aussi s'est intéressé aux idées que nous défendons et il y a fort à parier que le numéro de mars 2002 fasse jaser dans les chaumières.

Achetez-le, parlez-en autour de vous et comme dirait notre cousin, Rigolons, rigolons mais......

Le comité de rédaction



   Nous écrire depuis cette page

© CCASMAG 2001-2002 - Tous droits réservés -